Le Caucus des femmes du Sud-Kivu appelle les autorités de l’AFC/M23, qui admnitrent la ville de Bukavu à privilégier le dialogue et la consultation avant toute délocalisation des victimes des différents incendies signalés dans les trois communes. Cette organisation estime qu’un déplacement décidé sans l’implication des sinistrés risque d’aggraver leur précarité et de fragiliser davantage leurs conditions de vie.
Cette prise de position intervient alors que l’AFC/M23 maintient sa décision de délocaliser les sinistrés des récents incendies dans la ville de Bukavu, notamment pour des raisons liées à la sécurité et à l’occupation de certains sites.

Pour Solange Lwashiga, secrétaire exécutive du Caucus des femmes du Sud-Kivu, les autorités devraient d’abord évaluer les conditions minimales nécessaires à une vie décente avant de procéder au déplacement des victimes.
Tout en reconnaissant les compétences des autorités en place, elle les appelle à la prudence et à l’implication des sinistrés dans la recherche d’une solution concertée.
« Je demande aux autorités de revoir les mesures prises par rapport à la délocalisation, d’impliquer les victimes des incendies pour des solutions concertées. Je demande aux autorités de ne pas prendre des décisions qui pourraient, plus tard, apporter d’autres problèmes, » a-t-elle déclaré.
Le Caucus des femmes propose notamment l’organisation d’un cadre d’échange réunissant les victimes des incendies, la société civile, les organisations de femmes et les médias. Pour Solange Lwashiga, cette démarche permettrait aux sinistrés de comprendre les raisons de la délocalisation, mais également de faire connaître leurs préoccupations.
« Les sinistrés ont le droit de comprendre pourquoi la délocalisation pourrait être une bonne solution, » a-t-elle ajouté.
L’organisation insiste également sur la nécessité d’une consultation préalable et de l’indemnisation des victimes. Elle préconise une approche participative, notamment à travers la sensibilisation dans les quartiers concernés, plutôt qu’un déplacement brusque.
Le Caucus des femmes redoute notamment les conséquences économiques et sociales d’une telle mesure. L’éloignement du centre-ville pourrait, selon Solange Lwashiga, priver certains sinistrés de leurs activités génératrices de revenus, principalement le petit commerce.
La scolarité des enfants constitue également une préoccupation, plusieurs familles ayant leurs activités et leurs enfants scolarisés dans ou à proximité du centre-ville.
Pour le Caucus des femmes, la prise en compte de ces réalités devrait précéder toute décision de délocalisation, afin de parvenir à une solution tenant compte à la fois des impératifs sécuritaires et des conditions de vie des sinistrés.
Esther Kadende


