Le gouvernement provincial du Sud-Kivu dénonce l’extension des horaires de fonctionnement des postes frontaliers de Ruzizi I, à Bukavu, et de la Grande barrière, à Goma (Nord-Kivu), décidée par l’administration de l’AFC/M23. Dans un communiqué publié le 3 octobre 2026 à Uvira, siège provisoire des institutions provinciales, l’exécutif provincial estime que cette mesure soulève des préoccupations liées notamment aux mouvements de populations dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.
Selon le document signé par le porte-parole du gouvernement provincial du Sud-Kivu, Me Luganywa-Bashizi Didier Kabi, les horaires du poste frontalier de Ruzizi I ont été étendus de 6 heures à minuit, tandis que ceux de la Grande barrière passent de 6 heures à 2 heures du matin. Ces nouvelles dispositions sont entrées en vigueur depuis le 2 octobre.
Le gouvernement provincial considère cette décision comme allant au-delà d’une simple mesure de facilitation de la circulation transfrontalière. Il estime qu’elle intervient dans un contexte marqué par plusieurs décisions prises à Bukavu et dans d’autres zones sous contrôle de l’AFC/M23 concernant notamment l’occupation et la reconstruction des habitations.
Dans son communiqué, l’exécutif provincial fait notamment référence aux décisions déclarant certains sites impropres à la construction et accordant des délais à des habitants pour démolir leurs maisons. Il met ces mesures en parallèle avec les difficultés rencontrées par des populations déplacées pour retourner dans leurs milieux d’origine et reconstruire leurs habitations.
Le gouvernement provincial dit ainsi craindre que l’extension des horaires aux frontières puisse favoriser des mouvements de populations qu’il appelle à surveiller de près.
Il demande notamment à la communauté internationale, aux Nations-Unies, aux organisations régionales ainsi qu’aux mécanismes de protection des civils de suivre et de documenter les mouvements de populations entrant dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.
L’exécutif provincial appelle également les organisations humanitaires et de défense des droits humains à rester vigilantes face à toute situation susceptible, selon lui, d’empêcher le retour des populations déplacées ou de modifier progressivement la composition démographique des zones concernées.
Le gouvernement provincial du Sud-Kivu exige enfin l’annulation des décisions portant extension des horaires de fonctionnement de Ruzizi I et de la Grande barrière. Il soutient que de telles modifications ne devraient pas être décidées unilatéralement par une administration qu’il considère comme issue d’un mouvement armé contrôlant une partie du territoire national.
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