La rentrée académique 2026-2027 annoncée pour le 15 octobre dans les territoires sous contrôle de l’AFC/M23 suscite des interrogations parmi les étudiants de Bukavu (Sud-Kivu). Au cœur de leurs préoccupations : la décision prise précédemment par le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation de suspendre les activités académiques dans ces zones en raison de la situation sécuritaire.
Interrogés mercredi 30 septembre par Jambo, plusieurs étudiants disent ne pas comprendre les modalités de cette reprise, alors que la situation ayant conduit à la suspension des cours reste, selon eux, une réalité sur le terrain.
« Le gouvernement nous avait dit de ne plus étudier à cause de la situation sécuritaire. Maintenant, on nous demande de reprendre le 15 octobre. Mais sur le terrain, rien n’a changé. Qui va nous sécuriser ? Nous sommes perdus, » témoigne une étudiante de deuxième licence en droit à l’Université officielle de Bukavu (OUB).
D’autres étudiants souhaitent néanmoins retrouver les auditoires, après plusieurs mois d’interruption. Ils appellent les autorités à trouver une solution qui permette la poursuite des études dans les zones concernées.
« Nous voulons étudier. Nous avons déjà perdu trop de temps à cause de la guerre. Que le gouvernement et l’AFC/M23 trouvent un accord, même pour l’éducation. Nous ne sommes pas des politiciens, nous sommes des étudiants. Notre place est à l’auditoire, pas dans la rue, » plaide un étudiant finaliste en médecine à l’UOB.
Pour certains, une éventuelle solution consistant à poursuivre les études dans d’autres villes reste difficilement envisageable. Une étudiante de première licence en sciences économiques évoque notamment les difficultés financières de sa famille.
« Mes parents n’ont pas les moyens de m’envoyer à Kinshasa ou à Kisangani. Si on ne reprend pas les cours ici à Bukavu, je ne sais pas ce que je vais devenir. L’État doit penser à notre avenir, » se désole-t-elle.
Pour rappel, par un arrêté du 20 août dernier, le gouvernement congolais avait suspendu les activités académiques et para-académiques pour l’année 2026-2027 dans onze établissements publics d’enseignement supérieur situés à Bukavu et Goma, deux villes sous contrôle de l’AFC/M23. Le ministère avait notamment évoqué la situation sécuritaire pour justifier cette décision.
Les étudiants des classes montantes avaient été invités à poursuivre leur cursus dans des établissements d’enseignement supérieur et universitaire situés dans les zones sous administration du gouvernement congolais.
Cette décision est intervenue quelques jours après que la coordination de l’AFC/M23 avait procédé à des nominations au sein des différents comités de gestion des établissements publics d’enseignement supérieur, en remplacement de ceux nommés par Kinshasa.
En attendant une éventuelle clarification du ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation, les étudiants de Bukavu restent dans l’incertitude. Entre l’espoir de retrouver les auditoires et les interrogations liées à la précédente suspension des activités académiques, ils demandent de savoir dans quelles conditions la rentrée du 15 octobre pourra effectivement se tenir.
Rédaction


