Une vingtaine de journalistes venus de Bukavu, Kamanyola, Kaziba, Walungu et Kalehe (Sud-Kivu), ont participé à une formation consacrée au fact-checking et à l’utilisation de l’intelligence artificielle générative dans le travail journalistique. Organisée les 16 et 17 septembre 2026 à l’hôtel Horizon, cette session est une initiative du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en partenariat avec le réseau Balobaki Check.
Cette formation intervient dans un contexte marqué par la circulation rapide des fausses informations, de la mésinformation et des discours de haine sur les réseaux sociaux, particulièrement dans une région affectée par les conflits armés.

Pour le CICR, les conséquences d’une information non vérifiée peuvent dépasser le cadre strictement médiatique.
« Les questions d’information préjudiciable, c’est-à-dire, la désinformation, la mésinformation, malinformation et les discours de haine constituent pour les organisations humanitaires autant un enjeu réputationnel qu’un risque opérationnel réel, alors que des milliers de membres de communautés affectés par des conflits armés ont besoin d’assistance et de protection de l’institution, » a indiqué Eliane Chahwane, cheffe de sous-délégation du CICR au Sud-Kivu, à la clôture de la formation.
Tout en saluant la collaboration entre le CICR et les médias du Sud-Kivu, Eliane Chahwane a également relevé les conséquences que peut avoir la circulation d’informations préjudiciables sur le travail humanitaire.
Elle évoque notamment « l’impact sur la réputation du CICR, son accès aux communautés dans le cadre de son mandat, la confiance établie avec les parties et acteurs aux conflits et sa sécurité ».
Durant les deux jours d’échanges, les participants ont notamment abordé différentes méthodes de vérification des images, des données et des contenus diffusés en ligne. Une attention particulière a également été accordée à l’intelligence artificielle générative, dont l’utilisation dans les rédactions soulève de nouvelles questions professionnelles et éthiques.
Pour les organisateurs, il s’agit notamment d’aider les journalistes à tirer profit des possibilités offertes par ces nouveaux outils, tout en préservant les exigences fondamentales du métier, notamment la vérification, le recoupement et le respect des faits.
« Je voudrais ici saluer la collaboration fructueuse que nous avons avec les médias dans le Sud-Kivu et vous féliciter pour votre sens du professionnalisme et la qualité du dialogue avec le CICR. À l’issue de cette formation, vous pouvez assurer de diffuser une information vérifiée et saine, jouer aussi le rôle de vérificateur et de sentinelle dans la lutte contre l’information préjudiciable,» a déclaré Eliane Chahwane.
À l’issue de cette session, les participants sont appelés à renforcer leurs réflexes de vérification avant la diffusion des contenus, alors que la viralité des informations sur les réseaux sociaux impose une vigilance accrue aux professionnels des médias.
Juvénal MUTAKATO


