Rivière dans le parc national de la Salonga, Équateur, 2005.
Des organisations de la société civile environnementale en République démocratique du Congo plaident pour l’organisation d’un dialogue national Vert afin de réfléchir à l’avenir de la conservation de la nature et à une meilleure implication des communautés locales. Elles ont adressé, le 10 septembre 2026, un mémorandum au ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la bouvelle économie du climat. Une copie a également été transmise à plusieurs autorités nationales, dont le Président de la République et les présidents des deux chambres du Parlement.
Dans ce document, les organisations rappellent le rôle de la RDC dans la lutte contre le réchauffement climatique, avec notamment près de 60 % des forêts du Bassin du Congo. Elles estiment que cette position impose au pays une responsabilité particulière dans la protection de l’environnement.
« Cette considération mondiale n’est pas seulement une fierté pour la République, mais plus une charge et une responsabilité à sauver la planète, la maison commune qui brûle, » écrivent-elles.
Les signataires alertent toutefois sur la dégradation de l’environnement dans plusieurs régions du pays. Ils citent notamment la disparition des espaces verts, les feux de brousse dans certaines aires protégées, l’exploitation minière, la pollution des rivières, les érosions et les inondations, ainsi que les perturbations des activités agricoles liées au dérèglement climatique.
Le Parc national des Virunga est présenté comme l’un des exemples de cette situation. Les organisations évoquent une forte pression démographique autour du parc et des tensions persistantes entre les gestionnaires des espaces protégés et les communautés riveraines.
Pour les signataires, la conservation ne devrait pas être menée au détriment des populations vivant autour des aires protégées. Elle devrait plutôt contribuer au développement des communautés locales et des peuples autochtones pygmées.
Le dialogue national Vert proposé devrait permettre de faire un état des lieux de la conservation en RDC, d’évaluer l’approche communautaire, notamment à travers les Concessions forestières des communautés locales (CFCL), et de définir de nouvelles orientations.
Les organisations souhaitent que cette réflexion réponde à trois questions : « D’où venons-nous, où sommes-nous, où voulons-nous aller » en matière de conservation.
Elles appellent ainsi le gouvernement, l’ICCN, la société civile, les chercheurs, les jeunes, les femmes, les chefs coutumiers et les partenaires à prendre part à cette démarche.
« La nature n’est pas à protéger contre les communautés locales et les peuples autochtones pygmées. Elle n’est non plus à protéger sans les communautés locales ou loins des peuples autochtones pygmées, » insiste le mémorandum.
Coordonnées par Me Prince Kihangi Kyamwami, les organisations signataires affirment être disposées à mettre leur expertise à contribution pour l’organisation de ce dialogue national Vert.
Rédaction


