L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) vient de franchir un nouveau seuil particulièrement préoccupant. En trois mois, elle a déjà causé plus de décès que la précédente flambée de 2018-2020, devenant ainsi la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.
Selon les dernières données disponibles, 4 945 cas confirmés et 2 325 décès ont été enregistrés au 15 août 2026. Ce bilan dépasse celui de l’épidémie de 2018-2020, qui avait fait 2 299 morts sur 3 381 cas confirmés.
Déclarée officiellement le 15 mai dernier, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC est liée au virus Bundibugyo, une souche pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement homologué. Des candidats vaccins et traitements font toutefois l’objet d’évaluations.
Une propagation qui inquiète
L’épidémie s’est rapidement étendue au-delà de son foyer initial en Ituri. Elle touche désormais plusieurs provinces du nord et de l’est du pays, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uele et le Bas-Uele.
L’Ituri reste toutefois l’épicentre de la flambée, avec la majorité des zones de santé affectées. Les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de surveillance, de recherche des contacts, de prise en charge des malades et de sensibilisation des communautés.
La rapidité de la propagation constitue l’une des principales préoccupations. L’OMS souligne que l’actuelle flambée progresse plus rapidement que les précédentes, dans un contexte marqué par la fragilité des infrastructures sanitaires, les déplacements de populations et l’insécurité dans plusieurs zones concernées.
Plus d’un millier de guérisons
Malgré la gravité de la situation, la riposte enregistre également des guérisons. Le bilan communiqué autour du 16 août faisait état de 1 040 personnes guéries, tandis qu’environ 730 patients étaient encore en isolement ou hospitalisés.
Les équipes de riposte poursuivent notamment la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, les investigations, la prise en charge médicale ainsi que les enterrements sécurisés et dignes.
Pour l’OMS, le renforcement de ces activités reste indispensable pour identifier rapidement les nouveaux cas et interrompre les chaînes de transmission.
Le Sud-Kivu reste concerné par la vigilance
Au Sud-Kivu, où des cas ont été rapportés depuis le début de l’épidémie, la surveillance demeure de mise. Les autorités sanitaires et les partenaires de la riposte continuent de renforcer les mesures de prévention et de sensibilisation.
Les acteurs de santé insistent notamment sur l’importance du signalement rapide de tout cas suspect, du respect des mesures de prévention et de la collaboration entre les communautés et les équipes de riposte.
L’OMS rappelle que l’engagement des communautés constitue un élément déterminant pour contrôler une épidémie de cette ampleur.
Une mobilisation urgente
Face à l’accélération de la propagation, les Nations unies appellent à une mobilisation accrue des ressources et des acteurs humanitaires et sanitaires. Le défi consiste désormais à empêcher le virus de progresser plus vite que la réponse mise en place.
Cette nouvelle étape de l’épidémie rappelle surtout l’urgence de renforcer la surveillance, la prise en charge des malades et la communication avec les communautés. Pour la RDC, le défi est désormais de casser rapidement les chaînes de transmission afin d’éviter que cette flambée ne continue d’alourdir son bilan humain.
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