Alors que l’échange de prisonniers entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 est désormais effectif dans le cadre du processus de paix de Doha, la société civile du territoire de Beni (Nord-Kivu) estime que cette mesure ne garantit pas, à elle seule, le retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elle appelle à des actions concrètes sur le terrain, notamment le respect du cessez-le-feu, un dialogue inclusif et le rétablissement de la sécurité dans les zones affectées par le conflit.
Après l’annonce de l’échange de prisonniers entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, la société civile de Beni considère que cette opération, bien qu’elle puisse contribuer à instaurer un climat de confiance entre les parties, reste insuffisante pour répondre aux attentes des populations confrontées à l’insécurité.
Au cours d’une interview accordée à Jambo ce jeudi 6 août, le rapporteur de la société civile du territoire de Beni, Nick Junior Vusindi, a estimé que le véritable défi demeure le retour effectif de la paix dans les villages et les villes touchés par le conflit. Il déplore la poursuite des affrontements, notamment au Sud-Kivu, ainsi que le maintien de plusieurs localités sous contrôle de l’AFC/M23.
« Aujourd’hui que nous apprenons l’échange de prisonniers entre le gouvernement et l’AFC/M23, pour nous, c’est un non-événement, parce que cela ne renforce pas la paix dans nos villages. Nous continuons à regretter que nos villages, nos cités et nos villes restent occupés par l’AFC/M23, » a-t-il déclaré.
Pour cet acteur de la société civile, les efforts diplomatiques doivent s’accompagner d’actions concrètes. Il plaide pour le respect du cessez-le-feu, l’organisation d’un dialogue national inclusif et le renforcement des capacités des Forces armées de la République démocratique du Congo afin de permettre la reconquête des zones occupées.
« Il doit y avoir de véritables actions concrètes. Ces actions doivent passer soit par un dialogue national inclusif, soit par une réponse militaire permettant à notre armée de récupérer les villages occupés, » a-t-il insisté.
Cet échange de prisonniers s’inscrit dans les engagements pris par les parties lors du processus de Doha en septembre 2025. Quinze détenus présentés comme affiliés à l’AFC/M23 ont été transférés de Kinshasa à Beni avant d’être remis, vendredi 7 août, au mouvement à Rutshuru avec la facilitation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Dans un communiqué, le CICR a précisé que l’opération s’est déroulée avec le consentement des personnes concernées et dans le strict respect des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola, en coordination avec les autorités sanitaires compétentes.
Si cette opération marque une étape dans la mise en œuvre des engagements de Doha, plusieurs acteurs locaux estiment que la consolidation de la paix dépendra avant tout de la cessation effective des hostilités, du respect des accords conclus entre les parties et du retour de l’autorité de l’État dans les zones affectées par le conflit.
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