La société civile forces vives du territoire de Mwenga (Sud-Kivu), hausse le ton face aux nombreux cas d’arriérés de salaires et de litiges qui affectent les enseignants. Dans une correspondance adressée au directeur de la Caritas Uvira, signée le 12 juin 2026, elle accorde un ultimatum de 90 jours pour que toutes les situations litigieuses soient régularisées.
Selon cette structure citoyenne, plusieurs enseignants de la région n’ont pas perçu leurs salaires depuis l’année scolaire 2024-2025. Une situation qui, estime-t-elle, fragilise davantage des professionnels déjà confrontés à des conditions de travail difficiles et menace le bon fonctionnement du système éducatif local.
Dans ce document, Lungele Itebo Samuel, président de la société civile de Mwenga rappelle que la législation congolaise impose le paiement régulier des salaires avant le 25 de chaque mois, sans retenues injustifiées. La société civile souligne que les retards de paiement et les prélèvements illégaux constituent une « violation des droits fondamentaux » des travailleurs.
La correspondance fait état de plusieurs écoles confrontées à des salaires impayés, avec des périodes d’arriérés allant de quelques mois à plus d’un trimestre en 2025. D’autres établissements seraient victimes de retenues qualifiées d’illégales, atteignant parfois plus de 300 000 francs congolais.
Le document évoque également le cas d’un établissement scolaire où des montants importants, comprenant les salaires, les primes de gratuité et d’autres frais, n’auraient pas été versés. Le préjudice financier dépasserait les 15 millions de francs congolais.
Lungele Itebo Samuel précise que cette situation est loin d’être isolée. Il affirme que les 992 établissements éducatifs que compte le territoire seraient touchés, à des degrés divers, par des irrégularités de paiement.
Face à cette situation, la société civile accorde un délai de 90 jours, à compter du 12 juin 2026, pour que les arriérés et les litiges soient entièrement réglés. Elle avertit qu’à partir du 12 septembre 2026, si aucune solution n’est trouvée, elle se réserve le droit d’engager des actions radicales pour défendre les droits des enseignants et de la communauté éducative.
Le président de la société civile du territoire de Mwenga appelle ainsi les autorités compétentes et les partenaires impliqués dans la gestion du secteur éducatif à prendre des mesures urgentes avant la rentrée scolaire 2026-2027 afin d’éviter de nouvelles perturbations dans les écoles.
Pour la société civile, il est impératif de restaurer les droits des enseignants, considérés comme les piliers du système éducatif et les garants de l’avenir des générations futures.
Elvine CIZA


