Est de la RDC: un rapport d’exactions commises à Uvira par le M23 publié par HRW

Dans un rapport publié le mercredi 13 mai, Human Rights Watch accuse le groupe armé M23 et les Forces rwandaises de défense d’avoir commis de graves violations du droit international humanitaire à Uvira (Sud-Kivu).

L’organisation affirme qu’au moins 53 civils ont été exécutés lors de l’occupation de la ville entre décembre 2025 et janvier 2026. Parmi les victimes figurent des hommes, des femmes et des enfants. Le rapport s’appui sur plus de 130 témoignages recueillis auprès des habitants. Plusieurs personnes racontent des « fouilles menées maison en maison ». D’autres dénoncent des « viols, des enlèvements et des disparitions forcées ».

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Selon l’organisation, ces actes constituent des crimes de guerre commis à Uvira, ville tombée sous le contrôle du M23 et des forces rwandaises quelques jours seulement après la signature de l’accord de paix négocié par les États-Unis entre la RDC et le Rwanda. Le rapport estime que cet accord aurait ensuite favorisé le retrait soudain de ces forces un mois plus tard.

Les conclusions du rapport reposent sur des enquêtes menées à Uvira après le départ du M23. Human Rights Watch affirme avoir documenté: « des meurtres illégaux ; des exécutions sommaires ; des viols et autres violences sexuelles ; des enlèvements ; des recrutements forcés de civils ».

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Le rapport évoque également des tirs contre des civils tentant de fuir les combats vers le Burundi voisin ou vers les hauteurs dominant Uvira. Des témoins affirment que les combattants du M23 et les forces rwandaises ont ouvert le feu sur des groupes de personnes cherchant à quitter la ville pour échapper aux violences.

Appel à l’ouverture d’enquêtes

Pour Human Rights Watch, l’absence d’enquêtes crédibles et de poursuites judiciaires risque d’encourager la répétition de tels abus dans d’autres localités de l’Est de la RDC.

Selon le rapport, « à moins qu’il n’y ait une comptabilisation exhaustive des crimes commis et des actions concrètes de la part des autorités congolaises et rwandaises, avec un soutien international, les abus qui ont eu lieu à Uvira sont susceptibles de se reproduire ailleurs, laissant les civils dans l’Est de la RDC exposés à de nouveaux préjudices graves ».

Cette enquête intervient dans un contexte humanitaire toujours préoccupant dans l’Est de la RDC. Plus de 35.000 cas de violences sexuelles contre des enfants ont été recensés en 2025 dans les provinces du Sud et Nord-Kivu, selon l’UNICEF. Ces violences ont déjà poussé près de deux millions de personnes à fuir leur domicile dans le Sud-Kivu.

Rédaction 

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