Les activités démarrent lentement dans la ville d’Uvira (Sud-Kivu), un mois après le retrait précipité de l’AFC/M23. Cependant, expliquent des sources concordantes, elles restent freinées par la fermeture de la frontière avec le Burundi.
Sur place, les habitants et les commerçants implorent la réouverture de la frontière avec le Burundi. Mais, au port de Kalundu, des manutentionnaires déchargent de longues tiges d’acier. Un signe de reprise d’activités dans ce port public où il y a un mois, l’AFC/M23 y avait installé son quartier général pour la ville d’Uvira, ce qui a été un coup d’arrêt pour les travailleurs locaux.
À présent, trois à quatre bateaux accostent chaque jour, contre une quinzaine avant, explique à RFI le chef de port, Isumbelo Salumu Wisstan. Celui-ci se désole devant les dégâts causés par le conflit.
« Le bâtiment qui est devant vous, là par exemple, vous le voyez, il n’y a pas de porte, il n’y a pas de fenêtre. Tout a été emporté,». C’est un coût quand même important pour la ville. « Un très grand coût,» indique-t-il.
Un mois après le retrait de l’AFC/M23 de la ville, le crépitement des balles a cessé mais la frontière reste toujours fermée.
Dans les rues, les stigmates du chaos entraîné par la guerre restent visibles. Des tonnes de goudrons destinés à finir une route stratégique et autres biens, ont été emportés et sur le marché, depuis que la frontière avec le Burundi a été fermée, les aliments sont devenus plus rares, entraînant une flambée des prix.
L’administration peu à peu de retour
Dans cette ville, l’administration et la police font progressivement leur retour. Lors de la chute, une grande partie des autorités civiles s’était réfugiée à Bujumbura, au Burundi voisin, et parmi eux, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi.
Ce mardi 17 février, il a effectué une itinérance au poste frontalier de Kavimvira, au port public de Kalundu et à la mairie d’Uvira.

Au port de Kalundu par exemple, l’autorité provinciale est allée se rassurer du début des activités et du trafic lacustre. À la mairie d’Uvira, il a été question de vérifier l’effectivité du début de service, malgré les actes de vandalisme qui avaient été commis il y a un mois.
Selon sa cellule de communication, Jean-Jacques Purusi a été satisfait du début de service et a promis son implication pour la réhabilitation et équipement des bureaux pour les conditions de transport acceptables.
Visiblement, le retour des services de l’État est en cours, mais le processus prend du temps, tant que la frontière n’est pas rouverte. De nombreux agents de l’administration, personnel de justice, employés de mairie ou enseignants sont encore bloqués côté burundais.
Le ministre burundais des Affaires étrangères rappelle que les conditions de sécurité ne sont pas encore réunies pour une réouverture, souligne la RFI. Cependant, sur le terrain, le gouverneur du Sud-Kivu a été interpellé directement par la population, impatiente et inquiète.
Juvénal MUTAKATO


