A moins de deux semaines de la rentrée scolaire 2025-2026 en République démocratique du Congo, on constate à Bukavu, un manque d’enthousiasme général, tant chez les commerçants de fournitures scolaires que chez les parents d’élèves. Ce manque d’engouement est principalement lié à la situation sécuritaire et économique incertaine dans la province du Sud-Kivu, qui freine les achats de fournitures, ont témoigné certains vendeurs et parents interrogés vendredi 15 août par notre rédaction.
Alors que la rentrée scolaire est officiellement prévue pour le 1er septembre 2025, la persistance de l’insécurité et l’effondrement du pouvoir d’achat compliquent fortement la reprise des cours.
Les quelques vendeurs interrogés évoquent les facteurs liés à l’incertitude qui plane autour de la rentrée scolaire à la date prévue par le ministère de l’éducation nationale et nouvelle citoyenneté, suite à cette situation. Ils déplorent également la chute vertigineuse du franc congolais face au dollar, entraînant une flambée des prix sur le marché.
« C’est comme si l’année scolaire cette année ne sera pas effective. Il y a l’incertitude suite à la situation actuelle. Nous passons toute la journée au marché sans le moindre client. Difficile de couler la moitié ou le quart de la marchandise par jour, pourtant à ce jour l’engouement serait déjà au rendez-vous,» s’inquiète un des vendeurs interrogés.
Les parents quant à eux avancent des difficultés financières mais aussi, ils émettent une doute sur la reprise de cours le 1er septembre prochain. Ils déplorent la perte d’emploi suite à la guerre qui continue a secoué la région.
« Nous ne savons pas s’il y aura rentrée scolaire le 1er septembre. Avec la situation sécuritaire et économique que nous traversons, il est difficile de s’approvisionner en fourniture scolaire. Pire encore, plusieurs parents ont perdu leur emploi,» indique un parent.
Face à cette rentrée scolaire sous tension, l’Association de parents d’élèves et étudiants du Congo (ANAPECO) Sud-Kivu appelle à des mesures urgentes, notamment les subventions scolaires, la distribution gratuite de fournitures scolaires, surtout pour les familles plus touchées.
« Le problème que nouveau aujourd’hui c’est l’insécurité et même l’insécurité alimentaire. Les parents ont beaucoup de difficultés induits de la guerre ; on prépare bien-sûr la rentrée mais dans l’incertitude, les parents n’ont de moyens. C’est pourquoi j’en appelle à tous les cadres de ce pays, nos députés nationaux que provinciaux de penser aux parents du Sud-Kivu pour donner aux enfants dès la rentrée scolaire les fournitures, si non c’est un calvaire,» a souligné Augustin Mulumeoderwa président provincial de l’ANAPECO.
Il faut dire qu’au-delà de la crise monétaire, la guerre a laissé de nombreuses infrastructures scolaires endommagées, pillées ou fermées. Dans certains villages, les enfants doivent parcourir une longue distance pour trouver une école encore fonctionnelle. Et là où les établissements restent ouverts, le manque de bancs, de manuels compliquent la reprise de cours.
Cette situation met en lumière la gravité de la situation socio-économique dans la ville de Bukavu en particulier et dans la province du Sud-Kivu en général, affectant à la fois les familles, les élèves, les commerçants ainsi que les écoles.
Christine Mwinja


