Une manifestation pacifique organisée ce lundi 8 septembre à Uvira (Sud-Kivu), contre le général Olivier Gasita, a dégénéré en affrontements meurtriers. Selon les Forces armées congolaises (FARDC) un enfant a perdu la vie après avoir atteint par balle perdue, tandis que neuf personnes ont été blessées, dont quatre militaires et cinq civils.
Cet incident est survenu après une semaine de paralysie économique, la société civile et les résistants Wazalendo protestaient contre la présence du général Gasita, qu’ils accusent d’avoir « facilité la chute de Bukavu » aux mains des rebelles de l’AFC/M23. Ils réclament son départ immédiat.
Ce lundi, les organisations de la société civile, dont des mouvements citoyens ont organisé cette marche pour exprimer leur ras-le-bol.
À en croire une journaliste de la place (Joséphine Mungubi), des sources militaires rapportent que ces violences auraient éclaté après que certains manifestants incontrôlés ont tenté de forcer l’accès à l’état-major des opérations Sukola 2 sud Sud-Kivu.
Version controversée
Du côté des organisations et de plusieurs leaders communautaires, la version est différente. Ils affirment que 7 manifestants sont morts. Ils condamnent fermement l’attitude de l’armée, accusée d’avoir ouvert le feu sur des civils qui manifestaient pacifiquement.
« Comment expliquer qu’une armée professionnelle tire sur son propre peuple, alors qu’elle procède à des replis stratégique face au M23/AFC dans le Nord et Sud-Kivu ?» s’est interrogé Mwalimu Mapenzi Manyebwa, président de la Synergie des sociétés civiles et mouvements citoyens d’Uvira.
Selon lui, le bilan réel pourrait être plus lourd que celui communiqué officiellement. Il appelle les organisations des droits humains, nationales et internationales pour identifier les responsabilités et sanctionner les auteurs des tirs.
Ces manifestations interviennent dans un climat de contestation persistance. Uvira en est à sa septième journée consécutive de ville-morte.
Les protestataires réclament le départ du général Olivier Gasita, commandant second de la 33e Région militaire chargé des opérations et du renseignement, accusé d’avoir favorisé l’expansion de la rébellion dans plusieurs entités du Sud-Kivu.
« Nous ne marchons pas pour exiger le départ d’une personne pour son appartenance ethnique. Même si on nous impose un autre Tutsi, ce n’est pas le problème, » a réagi pour sa part André Byadunia, un leader communautaire.
Des accusations que rejettent la hiérarchie du général Gasita, qui affirme au contraire qu’il fait partie des officiers patriotes.
Face aux tensions, les FARDC appellent au calme et dénoncent une « guerre de l’information » attribuée à la propagande de l’armée rwandaise, accusée de vouloir déstabiliser la région. L’armée assure contrôler la situation et appelle la population à éviter toute panique, en insistant sur la nécessité de préserver la cohésion nationale.
Juvénal MUTAKATO


