La Journée mondiale contre le Sida est organisée chaque 1er décembre dans le monde entier. À Bukavu (Sud-Kivu), le Programme national multisectoriel de lutte contre le Sida (PNMLS) a tenu une conférence axée sur l’objectif ambitieux du gouvernement congolais de mettre fin à ce fléau mondial d’ici à 2030 sur toute l’étendue de la République.
Le chef de cellule, partenariat et appui au secteur du PNMLS au Sud-Kivu, Bienvenue Bizibuka a indiqué que cette occasion est un moment de revenir sur le progrès, les défis ainsi que les perspectives d’avenir afin d’atteindre les objectifs de 2030.
« C’est donc une belle opportunité de passer en revue les progrès, les défis mais aussi les perspectives d’avenir par rapport aux objectifs de 2030. Notre pays avait décidé aussi de mettre fin au Sida d’ici 2030, ce que voudra dire zéro nouvelle infection, zéro décès lié au sida et zéro discrimination des personnes vivant avec le VIH à l’horizon 2030,» a-t-il fait savoir.
Une date évaluative pour le PNMLS
Bizibuka note que cette date permet de faire une évaluation par rapport à ce qui a été réalisé, malgré les obstacles. Il croit par ailleurs, qu’il y a encore possibilité d’atteindre ces objectifs.
S’agissant des défis majeurs, Bienvenue Bizibuka évoque un certain nombre, soulignant l’ignorance liée au manque d’informations, mais également le problème lié à la prise en charge des malades.
« L’un des défis, c’est par rapport à l’information. L’information à ce sens où beaucoup de gens ignorent le VIH, beaucoup de gens se fient aux mythes en pensant que le VIH n’existe plus, c’est une histoire passée. Tout ça crée le problème. Il y a aussi le problème lié par exemple à la prise en charge. Il y a des gens qui disent qu’ils guérisent le VIH sans pour autant passer au dépistage, sans faire référence aux structures habilitées à même de donner une prise en charge de qualité, » explique-t-il.
Celui-ci parle également le défi lié à l’accès aux services : « par exemple, le préservatif (…), c’est en tout cas beaucoup de problèmes» qui peuvent selon lui, freiner d’atteindre les objectifs 2023.
Perspectives d’avenir
Le PNMLS insiste sur le renforcement de l’information : « nous devons nous rassurer que les personnes qui vivent avec le VIH connaissent leur état sérologique, parce que ça demeure un défi, et donc pour qu’ils connaissent leur statut sérologique, nous devons augmenter l’accès au dépistage ; la prise en charge : nous devons offrir une prise en charge de qualité à nos frères et sœurs qui souffrent du VIH ; la question de discrimination : le problème de confidentialité,».
« Le VIH n’est pas une malédiction, c’est une maladie comme tant d’autres, et les personnes qui vivent avec le VIH ont droit d’une vie privée. Ce n’est pas caché l’information, mais la personne à ce droit là. Si on arrive à offrir cette possibilité aux personnes avec VIH, nous serons en train de nous mettre le bâton dans les roues,»
Bienvenue Bizibuka recommande à ce que la lutte contre le sida soit collective. « C’est un combat que nous devons mener tous les jours et nous devons le faire sur tous les fronts, c’est-à-dire, tous les secteurs de la vie : éducation, santé, droits humains, médias, dans tous les domaines de la vie, chacun doit apporter sa part dans ces efforts collectifs d’éradication de VIH,» insiste -t-il.
Revenant sur la situation sécuritaire en province du Sud-Kivu, Bienvenue Bizibuka a précisé que la lutte continue, affirmant que la prise en charge est toujours effective malgré les obstacles liés au conflit armé.
Notons que cette journée a été célébrée à travers la République démocratique du Congo sous le thème national : « une riposte équitable pour une RDC sans Sida d’ici 2030» et au niveau mondial « comment surmonter les perturbations, transformer la riposte au Sida ».
Des thématiques qui mettent en lumière les actions collectives et renouvelées, insistant sur un accès équitable aux services de prévention et de traitement ainsi qu’aux défis pour maintenir les objectifs de la riposte.
Juvénal MUTAKATO


