Le 11 février, l’Église catholique a célébré la Journée mondiale des malades, un rendez-vous annuel marqué par la prière, l’attention et la proximité envers celles et ceux que la maladie, l’âge ou la solitude fragilisent. Instituée en 1992 par Jean-Paul II, cette Journée rappelle à toute la communauté chrétienne et bien au-delà que la souffrance humaine n’est jamais étrangère à l’évangile.
Pour l’édition 2026, le thème choisi par le Pape Léon XIV est lumineux et exigeant : « La compassion du Samaritain : aimer en portant la souffrance de l’autre ». Un thème profondément enraciné dans l’évangile et dans l’appel constant à une Église de la proximité, de la tendresse et des gestes concrets.
Un rite respecté à Bukavu
Dans la ville de Bukavu, l’Hôpital provincial général de référence a commémoré cette Journée ce mercredi 11 février. Cette célébration s’est tenue dans l’enceinte de l’hôpital et a réuni des patients, des membres du personnel soignant, des partenaires, des bienfaiteurs ainsi que plusieurs personnes de bonne volonté venues témoigner leur solidarité envers les malades.
Les activités ont débuté par une messe d’action de grâce, moment de recueillement et de prière dédié aux patients. À l’issue de cette célébration religieuse, une collecte de fonds, d’enveloppes et de vivres a été organisée afin de soutenir les malades en situation de vulnérabilité financière. Ces contributions visent notamment à faciliter la sortie des patients guéris mais incapables de s’acquitter de leurs frais hospitaliers.
Tout en remerciant tous les bienfaiteurs et le personnel soignant, le médecin directeur de l’hôpital, le docteur Guy Mulinganya, a rappelé l’importance de cette journée pour les patients.
« Nous vivons par la grâce de Dieu et cette grâce, nous devons la répandre auprès de tous les malades pour assurer leur prise en charge. Nous disons merci aux personnels et à tous les bienfaiteurs. Chacun contribue à sa manière : certains par la prière, d’autres par un soutien financier ou par des médicaments. Chacun devient ainsi un bon Samaritain. La compassion est une décision quotidienne, » a-t-il indiqué.
Le Dr Guy Mulinganya a également exprimé sa gratitude envers les partenaires de l’hôpital, notamment le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et toutes les personnes qui soutiennent régulièrement les patients.
Un geste fort de solidarité marque la Journée à Nyatende et Nyangezi
La Journée a été également célébrée à l’hôpital général de référence de Nyatende situé dans le territoire de Kabare et celui de Nyangezi dans le territoire de Walungu.
Ici aussi, les activités ont commencé par une messe d’action de grâce. À Nyatende, le médecin directeur a présenté un aperçu des activités réalisées par l’hôpital, tout en insistant sur l’importance de la responsabilité communautaire en matière de santé.
Pour lui, cette Journée constitue un moment d’évaluation annuelle des services rendus à la population.
Ce moment a servi également pour le payement de plusieurs factures en souffrance de patients internés. Des centaines d’enfants ont été libérés de l’hôpital et leurs frais hospitaliers ayant été payés par l’établissement lui-même, en consortium avec les mouvements d’action catholique.
« On ne devrait pas rester indifférent par rapport à la journée mondiale des malades, nous avons organisé plusieurs activités notamment une célébration eucharistique qui a réuni les partenaires, malades, personnel soignant et la communauté. (…), c’était une occasion pour nous de communier avec les malades de notre hôpital,» a-t-il déclaré.
À l’hôpital général de référence de Nyangezi, les mêmes activités ont été organisées à cette occasion. Son médecin directeur, Olivier Bongwa, a remercié Dieu pour le souffle de vie qu’il continue à assurer à ses enfants malgré les difficultés énormes qu’a connu la population de Nyangezi pendant une bonne partie de l’année 2025.
Tout en remerciant les partenaires de l’hôpital, il a enfin saisi cette occasion pour annoncer les noms de quelques malades hospitalisés qui n’arrivaient pas à épurer leurs factures, et que l’hôpital avait décidé de libérer en guise d’apostolat, en ce jour dédié aux malades.
Il a en outre noté qu’à la suite des déplacements de population qui ont eu lieu en 2025, et la baisse du pouvoir d’achat, l’hôpital de Nyangezi a enregistré beaucoup de cas de personnes incapables de payer leurs factures de soins, et qui continuent à peser sur l’hôpital même après avoir été soignées.
Christine Mwinja


