L’organisation Journalistes pour la promotion de la démocratie et des droits humains (JPDDH), prend part depuis ce lundi 30 mars à un atelier axé sur la présentation des résultats de l’étude sur les violations de droits de la femme et de la jeune fille à l’héritage et à l’accès à la terre dans la province du Sud-Kivu. L’activité de deux jours est organisée par l’organisation Karibu Jeunesse nouvelle (KJN Asbl), dans la ville de Bukavu.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet : « Femme, terre, paix et sécurité : Programme de mobilisation et de sensibilisation sur les droits de la femme et de la jeune fille à l’héritage et à la terre au Sud-Kivu dans un contexte de guerre » exécuté sous l’appui de NED.
Selon la présidente du conseil d’administration (PCA) de KJN Asbl, Joly Kamuntu, cette activité vise à échanger sur les causes de violations de droits de femmes et de la jeune fille, ceux qui en sont les auteurs et quelles sont les conséquences sur la cohésion sociale et la consolidation de la paix.
Pour Joly Kamuntu, la situation par rapport aux droits de la femme à la terre et à l’héritage n’est pas encore effective, notamment dans la ville de Bukavu et les territoires de Kalehe, Walungu, Kabare et Idjwi, des entités choisies pour mener cette étude.
« Les droits des femmes à la terre et à l’héritage ne pas encore effectifs dans nos quatre territoires et dans la ville de Bukavu, où nous continuons à voir que les femmes sont marginalisées, les femmes sont écartées par rapport à ses droits pourtant garantis par les lois du pays [loi foncière, Code de la famille], qui garantissent à la femme son droit comme un être humain,» a fait savoir la présidente du conseil d’administration de KJN.
À l’en croire, dans les territoires, les coutumes « rétrogrades» continuent de freiner la femme à jouir de ses droits : « Des coutumes qui disent que la femme ne peut pas hériter chez son mari ou chez son papa, des coutumes qui pensent que la femme avant d’acheter une terre, elle doit demander la permission à son mari ou à quelqu’un d’autre. Sont des coutumes qui ont été répertoriées dans l’étude,» souligne-t-elle.
Joly Kamuntu évoque également un problème de non-information, soulignant que la « coutume vient aider, enrichir la loi, et c’est la loi qui est suprême par tout au monde ». Elle montre la nécessité d’une « sensibilisation efficace et d’information» à faire afin que ces lois soient mieux connues.
À travers cet atelier, KJN Asbl dit connaître déjà les violations de droits des femmes à la terre et à l’héritage, les commanditaires (auteurs), les activités suivantes vont donc s’atteler notamment sur des « causeries éducatives dans les communautés, l’installation d’un système précoce, qui va permettre aux victimes de dénoncer, l’installation d’une mini-clinique juridique pour assurer un accompagnement juridique gratuit aux victimes, des réunions de monitoring ainsi que la musique et la comédie, pour la production de chansons et sketchs sur la thématique».
La première journée a porté essentiellement sur la présentation des résultats de l’étude, puis un échange entre les participants. Aux côtés d’autres organisations présentes, JPDDH a pris l’engagement de vulgariser à travers son média (JamboFM) les lois qui promeuvent notamment la femme à accéder à l’héritage mais aussi à la terre.
L’activité a réuni des autorités coutumières issues des territoires concernés par la recherche, des leaders religieux, des acteurs de la société civile, des organisations de défense des droits humains et organisations féminines, des jeunes ainsi que des médias. Elle s’étend sur deux jours, soit du lundi 30 au mardi 31 mars.
Juvénal MUTAKATO


