Sud-Kivu : FARDC et AFC/M23, revendiquent chacun des succès militaires sur l’axe Kamanyola-Luvungi

Les combats se sont poursuivis ce vendredi 5 décembre dans la matinée dans la plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira (Sud-Kivu). La situation sécuritaire reste extrêmement tendue dans la zone où les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la rébellion de l’AFC/M23 se livrent, depuis plusieurs jours, à des affrontements accompagnés d’une guerre de communication.

Au cours de cette journée de vendredi, les deux camps ont publié des communiqués contradictoires, chacun revendiquant des succès militaires et se renvoyant la responsabilité des violences contre les civils.

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Dans une communication adressée à la presse et consultée par notre rédaction, le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, porte-parole des opérations Sukola 2 sud Sud-Kivu, a fait savoir que l’armée congolaise a neutralisé « un drone kamikaze ennemi à Luvungi et un char de l’ennemi dans les chaînes de montagnes de Ngomo, à quelques mètres après Kamanyola ».

Selon les FARDC, le drone aurait été abattu alors qu’il survolait l’espace aérien congolais en provenance de Bugarama, au Rwanda, avec pour objectif de cibler les populations civiles et les positions de l’armée régulière en opérations.

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Par cet acte, les FARDC dénoncent pour la énième fois, des « violations répétées du cessez-le-feu » et accusent les éléments RDF/M23-AFC de s’en prendre aux civils et aux infrastructures sociales de base, dont les églises, des écoles et de maisons incendiées, ainsi que d’un bilan provisoire de 11 civils tués, sans préciser le lieu exact des incidents ni fournir de sources indépendantes de confirmation.

Cependant, l’armée assure que, « durant ce cinquième jour des combats, l’ennemi a subi d’énormes pertes matérielles et humaines ».

Dans la même note, le commandant des opérations Sukola 2 sud Sud-Kivu, le général de brigade Chiviri Hamuli, appelle la population au calme et dément les rumeurs faisant état de la présence ennemie dans certaines agglomérations.

« L’ennemi n’est ni à Katogota, ni à Luvungi, et moins encore à Lubarika, » indique-t-il, invitant les habitants à ne pas céder à la panique.

Cependant, l’AFC/M23 a diffusé sur ses plateformes numériques, un communiqué faisant état d’une version opposée des faits. La rébellion affirme avoir abattu « un drone de guerre en provenance de l’aéroport de Bujumbura » qui, selon elle se préparait à bombarder des zones civiles de Luvungi, Katogota et Kamanyola.

Dans un second message, l’AFC/M23 accuse les FARDC d’adopter une « stratégie de terre brûlée » à Kamanyola, notamment en ciblant des antennes relais de télécommunications afin de « plonger la population dans le silence total ».

Des allégations que l’armée congolaise a rejeté dans son communiqué de ce vendredi.

Avec ces accusations répétées de part et d’autre, la population est appelée à la prudence face aux informations qui circulent, surtout sur les réseaux sociaux.

Soulignons qu’après l’entérinement de l’accord de paix signé à Washington par les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame ce jeudi 4 décembre, les habitants des zones touchées, dont Kamanyola, Katogota, Luvungi et des environs continuent de vivre dans la peur, espérant un apaisement rapide et durable dans cette partie de la province du Sud-Kivu.

Rédaction

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