Les autorités urbaines de Baraka, dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu) ont annoncé dans un communiqué publié ce vendredi 9 janvier 2026, l’interdiction formelle d’accostage de toute embarcation en provenance ou à destination de la ville d’Uvira, aussi bien au port de Mshimbakye que sur l’ensemble des plages de la ville.
Selon l’esprit du document consulté par notre rédaction, cette décision fait suite à une réunion du Conseil urbain de sécurité, élargie aux membres des Wazalendo, tenue le 8 janvier, visant à prévenir «tout risque d’infiltration» par les voies lacustres dans un contexte sécuritaire jugé extrêmement volatile.
Selon Marie Mukandja Soise qui signifie ce communiqué officiel, cette mesure exceptionnelle a été prise en raison des menaces sécuritaires persistantes, notamment les mouvements suspects observés sur le lac Tanganyika, dans un contexte marqué par « l’activisme de la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par des militaires rwandais».
« Les autorités urbaines en collaboration avec les forces de sécurité, veilleront au respect rigoureux de cette mesure. Les citoyens sont appelés à faire preuve de vigilance et à signaler toute activité suspecte aux autorités compétentes,» peut-on lire dans ce communiqué.
Parallèlement à cette interdiction lacustre, l’axe routier Uvira-Baraka est totalement bloqué, notamment au niveau de Kigongo et Katongo, suite à de violents affrontements opposant les Forces armées congolaises (FARDC), appuyées par les Wazalendo et des militaires burundais, aux combattants de l’AFC/M23 soutenus par l’armée rwandaise, selon plusieurs sources locales concordantes.
Depuis plusieurs jours, aucun véhicule ni moto ne circule sur cet axe stratégique, provoquant une paralysie des échanges commerciaux, des déplacements civils et de l’approvisionnement des populations. Les transporteurs ont suspendu leurs activités, redoutant pour leur sécurité, tandis que des milliers de civils se retrouvent isolés.
Cette double coupure, terrestre et lacustre, accentue l’isolement de Baraka et d’Uvira, deux pôles économiques majeurs du Sud-Kivu. Selon des sources locales, les prix des denrées alimentaires connaissent déjà une hausse sur les marchés locaux, et plusieurs familles déplacées peinent à accéder à l’aide humanitaire.
Les autorités urbaines de Baraka appellent la population au calme, à la vigilance et à la collaboration avec les forces de sécurité. Elles précisent par ailleurs que la « République du Burundi, de la Tanzanie et la province voisine du Tanganyika restent les alternatives pour échanges commerciaux et autres activités maritimes».
Alors que la population attend un rétablissement rapide de la sécurité, la situation sur l’axe Uvira-Baraka demeure incertaine, illustrant une fois de plus l’impact direct du conflit armé sur la libre circulation des personnes et des biens dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Juvénal MUTAKATO


