Le Collectif des organisations de la « société civile du Sud-Kivu pour la paix» condamne dans une déclaration rendue publique ce jeudi 15 janvier 2026, les discours de haine qui continuent à endeuiller la communauté et menacent gravement le vivre-ensemble dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon cette structure, ces paroles « incendiaires propagées par certains politiciens congolais ne font qu’approfondir les divisions, attiser la méfiance et compromettre sérieusement le processus de dialogue en cours».
Alors que la crise persiste, le collectif encourage les parties aux conflits à mettre leurs égos à côté et de privilégier la tenue d’un dialogue national sincère, inclusif et responsable. Dans ce document, cette structure citoyenne dit être convaincue que le dialogue demeure un outil fondamental de prévention des crises, de consolidation de la paix et du renforcement de la cohésion nationale.
Adhésion du chef de l’État au processus de paix par le dialogue
Les signataires de ladite déclaration saluent l’inscription et l’adhésion du président congolais, Félix Tshisekedi au processus de paix qui selon eux, passe par le dialogue entre congolais pour dissiper les maux qui règnent au pays.
« Hier, ces appels ont suscité des réserves, des oppositions et parfois des incompréhensions, certains y voyant un risque de compromission de légitimation des dysfonctionnements institutionnels,» ont-ils écrit.
Le collectif fait remarquer que la guerre politique qui accentue la crise à l’interne du pays, entraîne des pertes énormes en vies humaines à l’Est du pays.
« Néanmoins, le collectif des organisations de la société civile pour la paix au Sud-Kivu condamne avec la plus grande fermeté les tueries injustifiables de plus de 200 civils attribués aux FARDC orchestrés à Bukama dans la province du Haut-Lomami ce mois en cours, ainsi que les discours de haine qui continuent à endeuiller la communauté à l’Est du pays et menacent gravement le vivre-ensemble,» lit-on dans ce document.
Une facilitation saluée
Le collectif félicite et encourage l’équipe de facilitation sous le lead du président angolais et président en exercice de l’Union africaine à poursuivre ce processus de paix jusqu’à son aboutissement heureux. Le document suggère par ailleurs à l’équipe de facilitation de prendre en compte des acquis dans ce processus qui ont été menés par la CENCO à travers le «Pacte pour la paix » dans le respect des accords de paix, « d’associer à la consultation les acteurs sociaux vivant dans les zones en guerre avant le dialogue ainsi de faciliter en premier le retour volontaire des réfugiés congolais se retrouvant sur le sol burundais et ailleurs ».
« Pour se faire, notre structure demande à l’opposition, au gouvernement congolais et l’AFC/M23 à mettre leurs égos à côté et capitaliser cette opportunité en adhérant à ce processus ouvert de nouveau à Luanda pour le retour de la paix dans la partie Est,» insistent ces acteurs.
Un appel à l’appropriation du dialogue
Tout en exigeant le respect des accords déjà conclus dans le cadre du cessez-le-feu dans les provinces du Nord et Sud-Kivu pour faciliter le bon déroulement du dialogue, ces acteurs sociaux dans leur déclaration, invitent l’ensemble des acteurs nationaux qui s’opposaient hier à l’idée du dialogue à reconsidérer cette option à la lumière des réalités actuelles, dans un «esprit d’écoute mutuelle et de responsabilité historique».
« La RDC a plus que jamais besoin de parler à elle-même, de se réconcilier avec ses divergences et de bâtir ensemble des consensus forts, seuls garants d’un avenir pacifique, juste et prospère,» poursuivent-ils.
Cependant, cette structure met d’une manière sollenelle en garde «tout État ou toute force qui nourrirait l’intention de violer l’intégrité territoriale de la RDC», soulignant que le territoire congolais est «sacré, indivisible, et reconnu par le droit international,».
Gabriel ACIRUSHOKOLIRE


