Le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu a lancé une alerte ce 21 février, évoquant l’arrestation de l’un de ses membres dans le territoire d’Uvira au niveau de Sange. Selon le communiqué signé par sa présidente, maître Néné Bintu, il s’agit de Philemon Kidulu Musegereta, président de la société civile du territoire d’Uvira qui serait détenu dans un cachot «secret» de l’AFC/M23.
À en croire le document parvenu à notre rédaction, l’incident s’est produit le 19 février à Sange, où la victime a été appréhendée par un commandant du mouvement armé AFC/M23, accompagné d’éléments armés.
Les circonstances de cette arrestation demeurent floues. Des sources locales évoquent un lien possible avec la gestion du signal de communication dans la plaine de la Ruzizi, où M. Kidumu est connu pour assurer la maintenance de groupes électrogènes. Toutefois, la société civile rappelle que les interruptions de signal sont généralement imposées par les autorités de l’AFC/M23 afin de contraindre les sociétés de télécommunication à payer des taxes.
D’après les informations recueillies sur place, cet acteur de la société civile serait détenu dans un cachot secret du service de renseignement du mouvement à Sange, sans possibilité de recevoir la visite de sa famille ni d’accéder à une assistance juridique. Cette situation suscite une vive inquiétude parmi ses proches et ses collègues.
La société civile du Sud-Kivu condamne fermement ce qu’elle qualifie d’« énième enlèvement » visant ses membres, et alerte l’opinion nationale et internationale, ainsi que les organisations de défense des droits humains, sur les menaces persistantes qui pèsent sur les défenseurs civils dans la région. Elle rappelle son caractère apolitique et non armé, dénonçant les pratiques d’intimidation visant à obtenir l’allégeance de ses membres à la rébellion.
Dans ce communiqué, Néné Bintu Iragi, présidente du bureau de coordination provinciale de la société civile exige la libération immédiate de M. Kidumu et appelle la population de Sange à rester vigilante face aux tentatives de manipulation. Elle invite les habitants à demeurer attachés à l’unité nationale et à l’amour de la patrie malgré le climat de psychose engendré par cet enlèvement et les affrontements récurrents dans la région.
Rappelons que, dans un Sud-Kivu déjà fragilisé par les violences récurrentes, l’arrestation de Philemon Kidumu Musegetera illustre une fois de plus la vulnérabilité des acteurs civils face aux groupes armés. Au-delà d’un homme, c’est la voix d’une société civile indépendante qui se retrouve muselée.
Marcus Sharone BASHONGA


