Révision constitutionnelle en RDC: la CENCO dénonce une « maladresse politique qui risquerait d’aggraver la crise »

Alors que l’éventualité d’une réforme de la Constitution resurgit régulièrement dans le débat en République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a récemment réitéré sa mise en garde sur le sujet. « Aller dans ce sens-là, dans le contexte sécuritaire actuel, ce serait encore aggraver la crise » a affirmé Monseigneur Donatien Nshole devant la presse ce jeudi 26 mars à Kinshasa.

Dans ce débat saillant du moment au pays, l’Église catholique prend position l’éventualité de modifier ou changer la Constitution, un projet que nourrit le camp au pouvoir.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Les évêques catholiques réunis au sein de la CENCO à travers leur secrétaire général, Monseigneur Donatien Nshole, mettent en garde contre des manœuvres qui risquent d’aggraver la crise sécuritaire dans le pays.

« Il faudrait éviter une maladresse politique qui risquerait d’aggraver la crise sécuritaire,» confie-t-il.

Bien que la révision constitutionnelle soit légale, les évêques jugent ce projet inopportun.

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« La position de la CENCO n’a pas changé. Le principe de la révision constitutionnelle est constitutionnel. La constitution elle-même prévoit les modalités de révision de la constitution. La Constitution elle-même décrit les articles qui ne peuvent pas être révisés. Pour les évêques de la CENCO, dans le contexte sécuritaire actuel, ce serait hasardeux d’ouvrir ce chapitre là de révision de la Constitution dans un contexte qui n’est pas consensuel, » a poursuivi Mgr Donatien Nshole.

Le débat sur le changement de la Constitution repose sur une tension entre la volonté de modernisation affichée par la majorité et les craintes de dérive autoritaire exprimées par l’opposition. Le camp présidentiel (UDPS) soutient que la Constitution de 2006 est inadaptée aux réalités congolaises et doit être changée ou révisée pour renforcer l’efficacité de l’État.

Mais en face, les opposants et de nombreux mouvements citoyens dénoncent une manœuvre politique visant principalement à faire sauter le verrou des mandats présidentiels pour permettre au président actuel de se maintenir au pouvoir après 2028.

Ce mercredi 24 mars, une dizaine de militants de l’opposition ont été interpellés à Kinshasa, alors qu’ils manifestaient contre toute éventualité de changement ou de révision de la Constitution, dans un contexte de tensions politiques.

Rédaction

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