Des représentants de la République démocratique du Congo et des rebelles de l’AFC/M23 ont signé ce samedi 15 novembre un accord-cadre à Doha (Qatar) en vue d’un accord de paix visant à mettre fin aux combats dans l’Est du pays.
Un pas de plus vers un accord de paix
L’accord-cadre a été signé par des représentants des deux parties lors d’une cérémonie organisée dans la capitale du Qatar. Il ne s’agit pas encore du texte final, mais d’un document préparatoire qui fixe les bases des prochaines négociations.
Cet accord-cadre formalise deux protocoles déjà approuvés: le cessez-le-feu, l’échange de prisonniers.
Cependant, rien n’a encore réellement changé sur le terrain, où les combats et tensions restent palpables. Les discussions vont donc se poursuivre pendant plusieurs semaines afin d’aboutir à un compromis global.
L’un des points centraux du texte concerne la restauration progressive de l’autorité de l’État dans les zones actuellement contrôlées par l’AFC/M23. Cette reprise se ferait de manière coordonnée avec la rébellion, pour garantir une transition sans chaos, notamment au niveau des services publics et institutions administratives.
Le futur accord prévoit également des arrangements sécuritaires transitoires destinés à assurer l’ordre public et la protection des civils, souvent pris en étau entre les affrontements. Un autre volet majeur, c’est la création d’une commission nationale indépendante chargée de faire la lumière sur les violences commises, des favoriser la réconciliation et l’encadrer les mécanismes de justice. Une façon d’aborder les questions de responsabilité, longtemps au cœur des crispations.
Pour rappel, soutenu par le Rwanda voisin, le M23 s’est emparé en janvier de Goma, ville de l’Est avant de poursuivre son avancée à Bukavu en février.
Les autorités de Kigali ont longtemps nié apporter leur soutien militaire au M23, tout en justifiant les opérations des rebelles par la menace constituée à leurs yeux par d’anciens miliciens hutus rwandais qui se sont réfugiés en RDC après avoir participé au génocide des Tutsis en 1993.
L’offensive menée cette année par les rebelles dans l’Est du pays a fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, tout en poussant l’ensemble des pays de la région des Grands lacs au bord d’une guerre ouverte.
En parallèle d’une médiation du président américain Donald Trump entre Kinshasa et Kigali, le Qatar a accueilli plusieurs cycles de pourparlers directs entre le gouvernement congolais et les rebelles depuis avril, mais ceux-ci ont principalement porté sur les conditions préalables à un accord de paix et sur les mesures de confiance à mettre en place.
Les deux belligérants ont adopté en juillet une déclaration de principes qui laissait de côté de nombreuses questions clés à l’origine du conflit, et en octobre, ils ont conclu un accord sur la supervision d’un éventuel cessez-le-feu.
L’accord-cadre signé samedi devrait théoriquement permettre d’accélérer les discussions visant à mettre fin à ce conflit qui ensanglante le pays depuis trois décennies.
Rédaction


