Les délégations du gouvernement congolais et de l’AFC/M23 ont quitté la capitale qatarienne le weekend dernier sans réelle avancée dans les négociations sur le conflit armé à l’Est de la République démocratique du Congo.
En effet, les discussions directes en vue d’un accord de paix global devaient débuter au plus tard le 8 août 2025, mais n’ont toujours pas démarré.
Le principal acquis pour ce cinquième round est la signature du mécanisme d’échange de prisonniers. Mais ce document technique, même s’il est important, reste loin de l’opérationnalisation concrète des échanges. Et au-delà de la technique, c’est la bonne foi des deux parties qui est aujourd’hui questionnée.
Sur le terrain, les hostilités ont repris avec une intensité qu’on n’avait plus vue depuis plusieurs semaines : avancées des troupes au sol, déploiement de l’aviation militaire, bataille pour le contrôle des territoires. On est donc loin du calendrier initial. L’accord de paix, dont RFI avait révélé les grandes lignes, devait être signé le 18 août. Mais aucune nouvelle date n’a été fixée. Les discussions de fond n’ont toujours pas commencé.
Un responsable qatarien, joint par RFI, affirme que les pourparlers ne reprendront physiquement que dans deux semaines.
En attendant, FARDC et AFC/M23 se renforcent et s’affrontent violemment. Certaines localités stratégiques sont tombées des mains de la rébellion dans la province du Sud-Kivu le weekend passé. Même situation au Nord-Kivu où l’armée congolaise bombarde les positions détenues par l’AFC/M23 à Masisi et Walikale.
Cette situation va à l’encontre de la déclaration de principes et éloigne la perspective d’un retour rapide de la paix dans la région. La perspective d’un dialogue national, tel qu’envisagé et proposé par les églises catholique et protestante, semble elle aussi au point mort. Selon plusieurs sources, depuis le weekend dernier, certains diplomates occidentaux multiplient les appels téléphoniques pour maintenir ouverts les canaux de discussions actuels.
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