Le président de la République d’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa a officiellement informé le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, du retrait progressif des soldats sud-africains de la Mission d’organisation des Nations-Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) d’ici la fin de l’année 2026.
Avec plus de 700 militaires déployés, Pretoria figure parmi les plus importants contributeurs de cette mission de stabilisation active dans l’Est de la RDC depuis la fin des années 1990.
Près de 27 années de présence continue en RDC
Les soldats sud-africains ont été engagés dans plusieurs opérations sensibles, souvent dans des zones marquées par l’activisme des groupes armés et l’insécurité persistante.
Selon le porte-parole présidentiel, Vincent Magwenya, cette décision n’est pas politique, mais résulte de contraintes budgétaires et opérationnelles auxquelles fait face la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF). Il s’agit explique-t-il, de « consolider et réaligner » les ressources militaires du pays, dans un contexte où Pretoria doit revoir ses priorités stratégiques.
Une solidité continue des relations entre Kinshasa et Pretoria
Ce retrait ne signifie pas pour autant un désengagement diplomatique vis-à-vis de Kinshasa. Le président Ramaphosa a tenu à rassurer sur la solidité des relations entre les deux pays et sur la volonté de l’Afrique du Sud de continuer à soutenir les efforts pour une paix durable dans la région des Grands-lacs, par d’autres canaux que la présence militaire directe.
La MONUSCO rend hommage aux Casques bleus sud-africains
La Mission d’organisation des Nations-unies pour la stabilisation en République démocratique a confirmé dans un communiqué publié ce 8 février à Kinshasa, avoir été informée par le secrétaire général de l’ONU de la décision de l’Afrique du Sud de retirer ses contingents encore déployés au sein de la mission.
Dans ce communiqué parvenu à notre rédaction ce lundi, la MONUSCO a salué « l’engagement constant » du gouvernement et du peuple sud-africains en faveur des opérations de maintien de la paix depuis plusieurs décennies.
« Les Casques bleus sud-africains ont, au fil des années, occupé une place importante dans le dispositif onusien en RDC, participant aux efforts de stabilisation dans plusieurs zones sensibles du pays,» précise la MONUSCO.
Le même communiqué de presse rend également hommage «aux soldats sud-africains tombés sous le drapeau des Nations-unies sur le sol congolais, » soulignant que «leur sacrifice au service de la paix en République démocratique du Congo ne sera pas publié ».
Maintien d’un dialogue ouvert entre la mission et Pretoria
Au-delà du départ des troupes, la MONUSCO insiste sur la volonté de maintenir un dialogue ouvert avec Pretoria sur les enjeux plus larges du maintien de la paix. Il est notamment question du partage d’expériences, des leçons tirées de ces années d’engagement et du soutien continu aux initiatives visant à promouvoir la stabilité dans la région des Grands-lacs.
Un retrait ordonné et responsable
Cependant, sur le plan opérationnel, la mission onusienne rassure que « cette transition sera conduite en étroite coordination avec le secrétaire général de l’ONU et les différentes parties concernées», afin qu’elle se déroule de manière « sûre, ordonnée et responsable » conformément aux standards des Nations-Unies.
Il faut dire que dans un contexte où la mission elle-même poursuit progressivement son processus de désengagement du territoire congolais, ce retrait du contingent sud-africain marque la fin d’un long parcours de coopération militaire entre l’Afrique du Sud et la MONUSCO.
Juvénal MUTAKATO


