RDC: l’AFC/M23 accuse l’UA d’avoir adopté une position « précipitée et déséquilibrée » face à l’attaque de l’aéroport de Kisangani

Le groupe armé antigouvernemental AFC/M23 a réagi ce vendredi 6 février à la communication de la Commission de l’Union africaine qui condamnait une opération qualifiée par l’organisation continentale d’attaque « terroriste » des drones qui a visé l’aéroport de Kisangani, dans la province de la Tshopo, le weekend de la semaine passée. Cette attaque a été revendiquée par l’AFC/M23 et qui fait craindre un nouveau palier dans l’escalade du conflit. 

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction ce samedi, signé par son secrétaire permanent, Benjamin Mbonimpa, le mouvement rejette fermement cette lecture des faits et accuse l’UA d’avoir adopté une position « précipitée et déséquilibrée ».

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Au cœur du désaccord : une opération menée par l’AFC/M23 visant, selon le mouvement, à neutraliser des drones d’attaque utilisés par les forces gouvernementales congolaises.

Dans sa réaction, l’AFC/M23 affirme que cette opération n’avait qu’un objectif militaire : « empêcher l’usage de drones» qui, selon lui, auraient servi ces dernières semaines à bombarder des zones civiles dans le Sud-Kivu, notamment à Minembwe, Twangiza, Rwitsankuku, Katogota, Sange, Kalundu, ainsi que dans les territoires de Masisi, Walikale, Rutshuru, Lubero, Mwenga et Kalehe.

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L’AFC/M23 assure que la neutralisation de ces engins n’a causé aucune perte civile et visait à protéger les populations tout en respectant le cessez-le-feu prévu par l’accord de Doha.

« Qualifier de terroriste une action qui a permis de sauver des vies humaines constitue un recul dangereux pour l’Union africaine, » écrit le secrétaire permanent du mouvement rebelle.

Il accuse par ailleurs le gouvernement congolais d’avoir intensifié, depuis le 22 janvier 2026, des opérations militaires à l’aide de 8 à 12 drones pilotés par des mercenaires étrangers. Ces frappes auraient, selon lui, visé des agglomérations densément peuplées, y compris des hôpitaux, écoles et églises.

Le mouvement reproche à la Commission de l’Union africaine de n’avoir fait aucune mention de ces bombardements dans sa déclaration.

Pour l’AFC/M23, la prise de position de l’UA sans « enquête préalable ni collecte d’informations contradictoires » remet en cause l’impartialité de l’organisation dans le processus de paix.

Le communiqué va plus loin en affirmant que l’absence de condamnation de l’usage de « mercenaires pilotant ces drones » va à l’encontre de la Charte de l’Union africaine, qui interdit le recours à ce type d’acteurs dans les conflits.

LAFC/M23 appelle cependant, l’Union africaine à adopter une posture « impartiale, responsable et fondée sur les faits », estimant qu’il s’agit de la seule voie susceptible de contribuer à une paix « juste et durable » dans l’Est de la RDC.

Pour rappel, dans un communiqué rendu public le même vendredi, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud All Youssouf a condamné avec la plus grande fermeté une opération qui selon lui, met directement en danger des populations civiles dans un grand centre urbain, soulignant que l’aéroport visé conserve sa présomption de bien civil.

« A ce titre, il bénéficie d’une protection totale prévue par les règles internationales de la guerre, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution,» avait-il martelé.

Juvénal MUTAKATO 

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