Une mobilisation populaire s’est tenue ce lundi 22 décembre à Goma (Nord-Kivu), pour réclamer le maintien des troupes rebelles de l’AFC-M23 à Uvira dans la partie sud de la province du Sud-Kivu. Présentée par ses organisateurs comme une manifestation pacifique, cette mobilisation soulève néanmoins de nombreuses interrogations quant à son caractère volontaire.
Des images aperçues montrent des centaines de personnes dans les rues de Goma, brandissant des pancartes et scandant des slogans en soutien à l’AFC-M23, appelant au maintien du mouvement dans les zones dites « libérées ».

Selon certains témoignages, la marche répondait à un appel émanant de structures locales de la société civile et visait à promouvoir le « dialogue intercongolais comme voie de sortie à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo ».
Cependant, d’autres affirment avoir été contraints de prendre part à la manifestation, évoquant des pressions directes, parfois sous la menace, ce qui jette un doute sur le caractère spontané et libre de la mobilisation.
Une mobilisation sous contrainte
Ces accusations de mobilisation forcée interviennent dans un contexte de fortes tensions sécuritaires et politiques, alors que l’AFC-M23, mouvement rebelle accusé d’être soutenu par le Rwanda, ce que Kigali continue de nier, étend son influence dans plusieurs zones de l’Est du pays.
Une réaction musclée de Kinshasa
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya a vivement réagi à cette marche organisée à Goma. Dans un message publié sur X, le ministre de la Communication et médias dénonce ce qu’il qualifie de «mobilisation forcée de population vivant sous occupation rebelle ».
À l’en croire, contraindre des civils à manifester en faveur de leurs bourreaux ne saurait en aucun cas redorer l’image du M23 ni celle de ses soutiens.
«Obliger les victimes à participer à une une manifestation des bourreaux ne changera en rien l’image tristement et mondialement connue de tortionnaires et de criminels collée au père, le Rwanda, et au fils, le M23,» a-t-il réagi.
Il affirme cependant que les méthodes de répression : fouets, travaux forcés et autres services, utilisées contre ceux qui s’opposent à l’occupation rebelle ne parviendront jamais à briser l’esprit de résistance des congolais vivant dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.
Patrick Muyaya indique que cette stratégie de contrainte traduit avant tout une absence totale d’adhésion populaire : « Cette persistance dans le mal traduit bien le manque total de popularité de ceux qui gouvernent par le crime,» a-t-il souligné, tout en rappelant «qu’aucun soutien sincère ne peut naître de la peur ou de la violence ».
Le porte-parole du gouvernement congolais a tenu également à préciser que les crimes commis ne resteront pas impunis: «pour chaque crime, il y aura une réponse judiciaire,».
Il faut souligner que, malgré les efforts fournis par les médiateurs dans le conflit en cours en RDC, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut d’une crise marquée par des tensions politiques, diplomatiques et militaires.
Juvénal MUTAKATO


