Le gouvernement congolais a dénoncé dans un communiqué publié ce mardi 31 décembre, la poursuite de l’occupation illégale de certaines parties de son territoire par les forces rwandaises. Le communiqué signé par le ministre de la Communication et médias évoque une « l’extension progressive des zones occupées dans l’Est du pays, notamment à Uvira et dans ses environs, avec une avancée vers le sud ».
Dans cette déclaration parvenue à notre rédaction, le gouvernement congolais remet une nouvelle fois en cause le retrait unilatéral annoncé par le groupe armé d’Uvira et continue de demander le départ de l’AFC/M23 et de l’armée rwandaise de tous les territoires occupés.
Le document s’appuie sur la résolution 2773 des Nations unies votée en février 2025 par laquelle le Conseil de sécurité « condamne fermement l’offensive » lancée par le groupe armé avec le soutien des Forces de défense rwandaises et exige leur retrait immédiat.
Outre, la RDC accuse Kigali d’avoir déployé trois nouveaux bataillons militaires dans l’Est du pays. Selon le ministère congolais de la Communication, ces unités seraient positionnées sur les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga, « sous couvert du groupe Twirwaneho afin de masquer leur identité réelle et leurs responsabilités ».
Des milliers de civils tués au Sud-Kivu
Les autorités congolaises dressent enfin le bilan de la dernière offensive du groupe armé. Selon Kinshasa, près de 1 500 civils ont trouvé la mort dans les affrontements qui se sont déroulés depuis le 2 décembre.
Les combats auraient fait 500 000 nouveaux déplacés, selon « des informations de la société civile, consolidées par certaines sources humanitaires et corroborées par les services étatiques ».
Des allégations rejetées par l’AFC/M23
De son côté, dans une communication diffusée ce même mercredi 31 décembre à l’occasion des festivités du nouvel an, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, a vivement critiqué ce qu’il qualifie de stratégie de « diversion » du pouvoir de Kinshasa, accusé de chercher à externaliser la crise afin de dissimuler ses insuffisances en matière de gouvernance.
« La crise actuelle est essentiellement congolaise. Vouloir l’externaliser, c’est traiter les symptômes sans jamais soigner la cause. Il s’agit d’une stratégie mensongère du régime de Kinshasa visant à occulter les défaillances de sa propre gouvernance, » a déclaré Corneille Nangaa.
Il a également dénoncé la diplomatie menée par le gouvernement congolais, estimant que les démarches entreprises à l’étranger ne permettraient pas de résoudre les causes profondes du conflit.
Bien plus, l’AFC/M23 accuse le gouvernement congolais de ne pas respecter les engagements qu’il a pris dans le cadre du processus de Doha présenté dès novembre comme une avancée structurante. Les responsables du mouvement armé évoquent notamment l’absence de libération des prisonniers politiques et des violations du cessez-le-feu.
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