Le président Félix Tshisekedi a levé toute équivoque sur sa conception du dialogue politique en République démocratique du Congo. Lors de son adresse aux diplomates accrédités à Kinshasa, le chef de l’État a prononcé un discours sans détours, au cours duquel il a posé des balises claires, au point que certains y voient davantage une posture de fermeté qu’une véritable main tendue.
Face aux appels répétés de l’opposition et de plusieurs acteurs de la société civile en faveur d’un dialogue national élargi, le président congolais a défini un cadre strict. Pour lui, le dialogue demeure possible, mais sous des conditions précises et non négociables.
« Dans ce contexte, l’unité nationale s’impose plus que jamais comme une exigence fondamentale. C’est pourquoi nous réaffirmons notre ouverture à un dialogue entre Congolais : un dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale, sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel, » a-t-il souligné.
Le message est sans ambiguïté : le dialogue ne doit ni affaiblir les institutions ni servir de prétexte à une remise en cause de la légitimité issue des urnes.
Un dialogue, mais sous contrôle institutionnel
Félix Tshisekedi a également insisté sur le lieu, la forme et l’encadrement d’un éventuel dialogue. Il n’est pas question de négociations informelles à l’étranger ni de médiations parallèles.
« Si ce dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national et serait conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des règles démocratiques qui fondent notre pacte national ».
Dans un contexte marqué par la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays et les tensions diplomatiques régionales, le président a tenu à distinguer clairement deux registres : le dialogue interne entre Congolais et les obligations internationales liées à ce qu’il qualifie d’« agression ».
« Ce dialogue intérieur, aussi nécessaire soit-il, ne saurait se substituer aux obligations internationales. Il ne peut être invoqué pour relativiser une agression ni pour diluer des responsabilités établies,» a-t-il renchérit.
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