Nord-Kivu : un an après la bataille de Goma, la population vit les séquelles de la guerre

Celà fait un an depuis que la ville de Goma (Nord-Kivu) est sous contrôle de l’AFC/M23. Le 26 janvier 2025, fut la nuit la plus longue où la bataille s’intensifait, conduisant ensuite à la prise de cette ville de l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans les jours qui ont suivi ces événements, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en collaboration avec la Croix-Rouge de la RDC a procédé au ramassage de corps dans plusieurs quartiers de la ville, tandis les activités économiques étaient paralysées et que de nombreuses familles se trouvaient confinées au forcées à fuir.

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Une année plus tard, la population de Goma vit toujours avec les séquelles de cette prise de contrôle : «traumatismes, pertes en vies humaines, séparation des familles et précarité économique » et la ville n’a toujours pas retrouvé sa liberté. Pire encore, le groupe armé consolide progressivement son emprise sur cette grande agglomération de l’Est du pays.

Des quartiers entiers se sont vidés de leurs habitants, contraints de fuir les violences ou la peur d’un lendemain imprévisible. Les activités économiques tournent au ralenti, les services publics fonctionnent difficilement et l’espoir d’un retour rapide à la normale s’amenuise au fil des mois.

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Une atteinte à la souveraineté nationale 

Cette situation continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise. Ce mardi 27 janvier 2026, l’opposant Martin Fayulu, président du parti politique Engagement citoyen pour le développement (ECiDé) et figure de proue de la plateforme Lamuka, a exprimé sa profonde frustration sur X.

Dans un message au ton grave, il a dénoncé ce qu’il qualifie d’atteinte directe à la souveraineté nationale.

« Patriotes congolais, voilà un an que Goma vit sous une administration soumise aux intérêts rwandais. Notre souveraineté est piétinée. Le Congo ne se négocie pas. Défendre la patrie, c’est défendre notre dignité et l’avenir de nos enfants. Dialogue national inclusif : une urgence, » s’est-il exprimé.

Pour l’ancien candidat aux élections présidentielles de 2023, la chute de Goma symbolise un échec collectif et appelle à une prise de conscience nationale. Son appel à un dialogue inclusif se veut une réponse politique à une crise qui, selon lui, ne peut être résolue uniquement par les armes.

Sur le terrain, la réalité humaine reste lourde. Des milliers de familles vivent dispersées, parfois dans des sites de déplacés, parfois chez des proches, avec peu de perspectives de retour. La population de Goma, prise en étau entre l’occupation armée et l’attente d’une solution politique, continue de payer le prix fort d’un conflit qui s’éternise.

« Un an déjà, un an que nous portons ce poids. Aujourd’hui, on ne se demande plus seulement ce qui s’est passé, mais ce que nous sommes devenus. Quelle leçon avons-nous apprise de cette blessure? » s’interroge un habitant de Goma.

Pendant ce temps, les initiatives diplomatiques se multiplient sans résultats concrets. De l’Union africaine aux Nations unies, en passant par les médiations menées à Washington ou à Doha, les efforts internationaux peinent à déboucher sur une paix durable dans l’Est de la RDC. Un an après, Goma reste paralysée, suspendue aux décisions prises loin d’elle, tandis que ses habitants n’aspirent qu’à une chose : retrouver la paix, la sécurité et la dignité.

Rédaction

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