Médecins Sans Frontières (MSF) fournit chaque semaine des soins à environ 3 700 personnes à Bambo, territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), une hausse de 40% de patients par rapport à la période précédant les récents déplacements, mais l’ampleur des besoins dépasse largement les capacités d’intervention actuelles. C’est ce qu’indique cette organisation dans un rapport publié ce jeudi 10 juillet.
Selon MSF, la localité de Bambo, dans le Nord-Kivu, fait face à une crise humanitaire qui s’aggrave rapidement. Le conflit en cours dans la zone a forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir vers la cité. Les abris sont surpeuplés, le manque de nourriture s’intensifie et les services de santé, déjà saturés, peinent à répondre aux besoins.
Dans ce rapport, MSF indique que l’instabilité persistante continue de provoquer des déplacements massifs dans le territoire de Rutshuru.
Depuis le dernier appel de MSF sur le besoin de mobilisation humanitaire en juin, Bambo, l’une des plus grandes villes de la région est tombée aux mains du groupe armé M23, toujours en conflit avec les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et les milices de la Collectif des Mouvements pour le Changement (CMC).
Bambo est devenue un refuge fragile pour ceux qui fuient la violence, alors que les combats continuent de ravager les environs et rendent improbable tout retour rapide des familles déplacées, poursuit cette organisation.
Les groupes armés pillent fréquemment les récoltes, laissant la population sans moyens de subsistance, même en cas de retour. De nombreux nouveaux arrivants sont profondément traumatisés, et de nombreux témoignages font état de violences présumées commises par des groupes armés.
Les besoins humanitaires de la population de la ville, qui ne cesse de croître, sont immenses. Beaucoup vivent dans des lieux de vie surpeuplés avec un accès limité à l’eau potable, à l’assainissement et à des articles ménagers de base tels que des ustensiles de cuisine ; certains ne trouvent pas d’abris ; et la faim augmente. Le prix des haricots sur le marché local a doublé et les rares personnes qui trouvent du travail gagnent généralement moins d’un dollar par jour en travaillant dans les champs.
Rédaction


