Nord-Kivu : la tragédie de Rubaya dépasse le simple cadre d’un accident selon Kinshassa

Le gouvernement congolais a exprimé dans un communiqué publié ce samedi 31 janvier 2026, sa solidarité envers les victimes ensevelies sous la terre lors d’un éboulement survenu mercredi 28 janvier à Rubaya sur le site minier de Luwowo, dans l’agglomération de Gasasa, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu).

Dans le communiqué signé par le ministre de la Communication et des Médias, au-delà de la compassion, Kinshasa dresse un constat sévère : cette tragédie serait la conséquence directe de « l’exploitation sauvage et illégale des ressources naturelles congolaises orchestrée par le Rwanda et le M23/AFC ».

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Pour Kinshasa, cette tragédie dépasse le simple cadre d’un accident. Il constitue « le symptôme brutal d’un système d’exploitation illégale qui transforme les mines artisanales en pièges mortels».

Un drame non isolé

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En juin 2025 déjà, plus de 300 civils avaient péri dans des circonstances similaires dans le même périmètre minier. Pour les autorités, ces événements traduisent un schéma récurrent dans lequel des civils sont exposés à des risques extrêmes dans un environnement totalement anarchique.

Le gouvernement rappelle que le périmètre minier de Rubaya est classé « zone rouge » depuis février 2025 par arrêté ministériel, une mesure renouvelée en novembre 2025. Toute activité d’exploitation et de commercialisation des minerais, y compris artisanale, y est formellement interdite.

Selon le communiqué du ministère de la Communication et médias, les activités minières qui se poursuivent dans cette zone sous occupation armée alimentent un vaste système de pillage organisé. Entre 112 et 125 tonnes de coltan seraient extraites chaque mois à Rubaya et acheminées exclusivement vers le Rwanda, sans traçabilité conforme, fait savoir le communiqué.

Défaillance des dispositifs de certification 

Kinshasa dénonce également la défaillance des dispositifs régionaux et internationaux censés certifier l’origine des minerais, notamment les mécanismes ITRI/ITSCI et ceux de la CIRGL. Ces systèmes n’auraient pas empêché la certification et la commercialisation de minerais issus de sites pourtant classés « zones rouges ».

Le gouvernement rappelle enfin que le pillage des ressources naturelles en contexte de conflit armé est prohibé par le droit international, notamment par les Conventions de La Haye (1907) et de Genève (1949). Il évoque également le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qui qualifie de tels actes de crimes de guerre.

Les autorités affirment vouloir documenter ces faits afin d’engager des actions devant les juridictions compétentes et réitèrent leur détermination à rétablir l’autorité de l’État sur ces sites.

Ce drame a fait au moins 200 morts selon plusieurs sources. Il s’agit des hommes ensevelis sous la terre alors qu’ils tentaient d’exploiter pour survivre.

Juvénal MUTAKATO

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