Vingt-sept ans après, la communauté locale de Mwenga (Sud-Kivu) continue a levé sa voix, pour réclamer justice et réparation en faveur d’au moins 800 personnes tuées par les rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) à Kasika, dans la chefferie de Luindi. Elle a fait cette réclamation ce dimanche 24 août 2025, en marge de l’anniversaire de ce massacre perpétré le 24 août 1998.
Les témoins affirment que plus de 800 personnes avaient été massacrées dans la nuit du 24 aout 1998 dans cette localité. Les victimes étaient principalement des femmes, enfants dont des bébés, mais aussi le Mwami Mubeza III et son épouse, un prêtre catholique et d’autres religieuses.
A ces victimes, s’ajoutent des femmes qui avaient été enterrées vivantes à Mwenga-Centre. Et d’autres qui ont subi des viols, tortures avant d’être tuées ou mutilées pour certaines. A l’instar de ce massacre, les auteurs avaient également pillé, incendié des maisons.
Un acteur de la société civile de la place condamne ce crime, qui est resté impuni. Il exige justice et réparation.
« À l’occasion du 27ème anniversaire du massacré perpétré à Kasika en août 1998, nous rappelons qu’il y a eu des tueries et de nombreux corps d’enfants et de bébés avaient été jetés dans les latrines. Avant leur départ, ces militaires avaient pillé et incendié de nombreuses maisons. […], c’est pourquoi on se pose la question, quelle cruauté qui dépasse l’imaginable ? 27 ans ces atrocités, les systèmes judiciaires nationaux et internationaux traînent le pied face à ces crimes odieux et les auteurs restent impunis y compris le réparation de victimes et leurs familles traumatisées demeurent sans assistance malgré l’existence de FONAREV,» a-t-il déploré.
Pour cet activisme , ce silence national et international préoccupe la société civile de Mwenga, qui exige à cette occasion «justice et réparation».
Tout en rendant hommage aux de 800 victimes de ce massacre : « Nous disons non au génocide des congolais et nous plaidons pour la justice transitionnelle, la réparation holistique des préjudices causés à la chefferie de Luindi, demandons des sanctions concrètes pour la thérapie sociale communautaire» afin de lutter contre les blessures et stabiliser la santé mentale de cette communauté ainsi que les familles directes des victimes, renchérit la société civile de Mwenga.
Ce village où se drame s’est produit se trouve à une centaine de kilomètre de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu.
Benjamin Bahati


