Des messages appelant les Congolais à bannir les discours de haine ont été lancés ce mercredi 13 août à Bukavu (Sud-Kivu) à l’occasion de la commémoration du 21e anniversaire du massacre de Gatumba (Burundi) entraînant le décès d’une centaine des civils Banyamulenge, une communauté congolaise en refuge dans cette localité en 2004.
En effet, dans la nuit du 13 août 2004, vers 22h30, le camp de Gatumba est attaqué. Près de 800 réfugiés congolais s’y trouvaient. Les assaillants, probablement venus de Kiliba en République démocratique du Congo et parlant Kirundi, Kinyarwanda et Swahili font irruption. Armes blanches, fusils automatiques, grenades incendiaires et bidons d’essence sont utilisés pour massacrer les occupants et incendier les abris.
L’attaque dure plus de deux heures, sans intervention de l’armée burundaise.
Vingt et un ans après, la douleur reste intacte pour les survivants et les familles.

Malheureusement le même scénario a continué dans les Hauts plateaux de Minembwe depuis 2007, a déploré au cours d’une cérémonie commémorative organisée dans la ville de Bukavu ce mercredi, le président de la communauté Banyamulenge, Emile Mutwali.
« Après 21 ans de massacre à Gatumba, nous vivons le même scénario aujourd’hui dans les hauts plateaux de Minembwe depuis 2007, il n’y a que de morts d’hommes, incendies des villages, pillages, etc, il n’y a jamais eu de changement,» a-t-il regretté.
Quelques jours après ce crime, soit le 16 août 2004, un enterrement collectif avait été organisé à environ 500 mètres du camp. Les enquêtes menées dans les mois suivants, notamment par l’ONU et Human Rights Watch ont conclu que le massacre a été méthodiquement préparé et qu’il visait exclusivement la communauté Banyamulenge.
Face à la léthargie observée par les instances judiciaires nationales et internationales, Émile Mutwali rappelle la communauté internationale à honorer sa promesse, et à toute les communautés de la RDC à bannir les discours haineux.
« A la communauté internationale, d’honorer la promesse faite aux victimes en date du 13 août 2024. À la communauté nationale d’être uni, de bannir la discrimination, les discours de haine et autres violations contre les droits de l’homme,» a-t-il exhorté.
Il est important de souligner que ce massacre perpétré en date du 13 août 2004 avait entraîné la mort de 166 civils et une centaine de blessés. La commémoration de cette journée est une occasion de rappeler l’importance de la mémoire des victimes et une justice transitionnelle pour ce crime.
Gabriel ACIRUSHOKOLIRE


