Masisi :site minier de Rubaya, un tombeau ouvert pour les exploitants artisanaux

Deux jours après l’éboulement meurtrier survenu sur le site minier de Gasasa, à Rubaya dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), l’espoir de retrouver des survivants s’est éteint. Les opérations de recherche se concentrent désormais sur l’extraction des dépouilles, alors que le bilan provisoire, toujours difficile à établir, avoisine les deux cents morts.

À environ 70 km à l’ouest de Goma, le centre de Rubaya vit au rythme des convois funèbres. Ce jeudi 5 mars, des témoins rapportent à radio Okapi, avoir vu passer de nombreux corps sans vie tout au long de la journée, certains transportés à l’arrière de motos depuis le flanc de la colline de Gasasa.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Si les premières estimations font état de plus de deux cents victimes, le décompte exact reste un défi pour les autorités locales. Le drame n’a pas seulement emporté des creuseurs artisanaux surpris dans les galeries souterraines, mais aussi de nombreux petits commerçants qui s’étaient installés sur le site pour vendre de la nourriture et des fournitures.

Suspension d’activités minières

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Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités ont ordonné l’arrêt immédiat et momentané de toute activité d’extraction sur le site de Gasasa. Une décision saluée par la société civile locale, bien que certains acteurs redoutent une reprise prématurée des travaux.

« C’est une bonne décision, mais nous craignons que cela ne dure pas. Gasasa est l’un des sites les plus actifs de Rubaya, malgré son terrain marécageux et extrêmement dangereux, » confie un leader local.

Cependant, dans les rues de Rubaya, l’émotion laisse place à un débat amer sur la sécurité poursuit notre source. Pour les habitants, descendre dans les galeries souterraines est devenu synonyme de suicide quotidien. Cependant, l’absence d’alternatives économiques pousse des milliers de jeunes et de familles à braver les risques géologiques d’une zone particulièrement instable.

Ce drame survient dans un contexte de « guerre invisible » dans l’Est de la RDC, comme le souligne le quotidien Le Potentiel ce jeudi, dénonçant l’indifférence internationale face aux tragédies qui frappent le Kivu pendant que les regards du monde sont tournés vers le Moyen-Orient.

Rédaction 

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