Kalonge-Bunyakiri : des vies humaines mises à prix suite à l’arrêt persistant du trafic sur la RN3

Celà fait exactement plus de 30 jours depuis que le trafic a été coupé sur la route nationale numéro 3 (RN3), sur l’axe routier Miti-Bitale, privant ainsi une libre circulation et un accès facile aux produits de première nécessité et produits pharmaceutiques aux habitants de Kalonge et Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu).

Lors d’un entretien accordé à notre rédaction ce vendredi 19 décembre, le mouvement citoyen Observatoire d’actions parlementaires et gouvernementales (OBAPG-RDC), noyau de Kalonge décrit une situation alarmante dans la zone, où le ravitaillement en produits pharmaceutiques et de première nécessité en provenance de Bukavu devient un problème plus majeur.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Une situation compliquée 

Yoweli Nyabirungu, militant de l’OBAPG-RDC à Kalonge fait savoir que la situation est compliquée à Kalonge et Bunyakiri depuis la suspension du trafic sur la RN3. À l’en croire, tous les biens au marché sont revus à la hausse.

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« Tous les biens au marché sont revus à la hausse. Même triplés de prix pendant que la monnaie ne circule pas,» explique-t-il.

Une population mise à l’épreuve 

Depuis lors, aucun véhicule, ni moto ou encore un autre engin roulant en provenance de la ville de Bukavu n’est arrivé à Kalonge et/ou à Bunyakiri en passant par la RN3 et vice-versa.

Yoweli Nyabirungu évoque une situation alarmante dans les structures sanitaires de la place. Les médicaments sont en rupture presque dans les hôpitaux et centres de santé de Bunyakiri et Kalonge.

«Depuis, aucun véhicule n’arrive plus à Kalonge et Bunyakiri. Dans des structures sanitaires, la situation devient catastrophique pour autant qu’il est actuellement difficile de se ravitailler en médicaments,» poursuit-il.

Mécanisme mis en place 

Certains motards ont développé un autre moyen pour contourner ce grand défi. La RN3, étant la seule voie officielle d’accès à la zone, commerces et autres activités sont presque par terre. Certains conducteurs de motocyclistes empruntent une route de déviation (Biega) au sein du Parc national de Kahuzi-Biega, avec tous les risques possibles, liés notamment au mauvais état et à la sécurité.

Sur ce chemin, ils font payer à chaque passager un montant évalué entre 50 000 à 80.000 francs congolais par tête, et sans bagages.

« Certains motards essayent d’emprunter le chemin de Biega, exigeant à un passager un montant allant de 50 000 à 80 000 FC, s’il n’a pas un petit colis,» dit-il.

La réouverture du trafic sur la RN3, un besoin urgent

L’interruption sur cet axe routier est due aux combats récurrents entre les rebelles de l’AFC/M23 et les Forces armées congolaises (FARDC) et leurs alliés respectifs. Aucun engin roulant ne circule dans cette zone depuis plusieurs jours, rendant impossible l’acheminement des marchandises et autres produits de première nécessité.

Face à cette précarité, le mouvement citoyen Observatoire d’actions parlementaires et gouvernementales OBAPG-RDC noyau de Kalonge demande à ce qu’«une solution soit trouvée urgemment», afin de sauver des vies humaines qui se trouvent actuellement en danger.

Pour rappel, le trafic a été suspendu sur cet axe routier entre le 17 et le 18 novembre à la suite des violents affrontements qui ont opposé les troupes de l’AFC-M23 aux FARDC avec ses alliés Wazalendo.

L’ONG Médecins sans frontières ( MSF) qui intervient dans la zone de santé de Bunyakiri éprouve également d’énormes difficultés. Dans une alerte faite la semaine dernière, MSF a souligné des risques sanitaires liés qui se sentent dans la zone, précisant l’évacuation de son équipe.

Juvénal MUTAKATO

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