Kalehe : 3 ans après le drame de Bushushu, des survivants toujours en quête de solutions durables

Trois ans après la catastrophe qui a frappé Bushushu, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu), les survivants continuent de vivre dans la douleur et l’incertitude, sans véritable solution de relocalisation ni conditions de vie stables. Le drame du 4 mai 2023, survenu en pleine journée alors que la population vaquait à ses activités commerciales et ménagères, avait causé d’importantes pertes en vies humaines et en biens matériels. 

Aujourd’hui encore, les habitants gardent des séquelles profondes, tant sur le plan psychologique que socio-économique. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la situation humanitaire reste préoccupante. Après la catastrophe initiale, d’autres drames similaires ont été enregistrés dans la zone de Bushushu et ses environs, aggravant la vulnérabilité des populations.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

De nombreuses familles sinistrées se sont depuis dispersées, vivant dans des conditions précaires à travers différents villages et sites d’accueil.

Maître Marcellin Kabugu, notable de Bushushu, dresse un constat alarmant. Il affirme que les survivants continuent de souffrir, non seulement de la perte de leurs proches et de leurs biens, mais aussi des traumatismes psychologiques liés à cette tragédie.

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Il souligne également que, durant ces trois années, plusieurs initiatives de résilience communautaire ont été envisagées dans le territoire de Kalehe, notamment pour étudier les possibilités de délocalisation des populations affectées.

Cependant, ces efforts peinent encore à produire des résultats concrets. La situation des enfants reste particulièrement préoccupante. Vivant dans des « conditions d’hygiène difficiles, plusieurs d’entre eux sont exposés à des maladies hydriques et à d’autres pathologies»  liées à la précarité. Des cas de décès ont même été enregistrés dans ces conditions jugées déplorables.

Par ailleurs, certaines actions ont été amorcées, notamment le lancement de la construction d’un site commémoratif en mémoire des victimes enterrées comme des patriotes.

Toutefois, des difficultés logistiques et financières, notamment liées aux barrages et à la mobilisation des fonds, ont ralenti l’avancement de ces projets, malgré l’existence de certaines contributions déjà débloquées.

Face à cette situation, les survivants appellent une nouvelle fois les autorités à « honorer leurs engagements ». Ils réclament en priorité la mise à disposition d’un site sécurisé pouvant accueillir durablement les sinistrés, aujourd’hui dispersés et sans abri.

Il convient de rappeler que le site de Bushushu a été déclaré impropre à la construction après la catastrophe. Une réalité qui complique davantage la reconstruction de la vie des habitants, majoritairement ruraux.

Pour Maître Marcellin Kabugu, l’urgence reste la recherche d’une solution définitive permettant d’offrir un abri digne à ces compatriotes. Sans cela, prévient-il, « la crise humanitaire risque de perdurer» dans cette partie du territoire de Kalehe.

Cette catastrophe naturelle avait causé la disparition de 5 255 personnes et la découverte de 583 corps, enterrés à Bushushu et Nyamukubi. La Croix-Rouge et la Fondation Denise Nyakeru avaient mis en place deux sites à Mushonezo et Lwako, où certaines familles ont été relocalisées. Cependant, de nombreuses autres sont restées à Bushushu et Nyamukubi, exposées aux dangers.

Merci Byamungu 

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