Un homme accusé de vol a été lynché par la foule le mercredi 25 février 2026 dans le quartier Lumumba, commune de Bagira dans la ville de Bukavu (Sud-Kivu). Si les faits relèvent d’un nouvel épisode de justice populaire dans la ville, la présence et la participation de plusieurs mineurs à la scène suscitent l’inquiétude des spécialistes en santé mentale.
Selon des témoins, des enfants et adolescents se trouvaient sur les lieux au moment des violences. Certains auraient même pris part aux actes, en jetant des pierres.
Interrogée sur les conséquences psychologiques d’une telle exposition, la psychologue Binja Bagalwa estime que ces scènes peuvent avoir des effets durables. « Lorsqu’un enfant assiste à une violence extrême sans intervention des autorités, il peut intégrer que la brutalité est une réponse normale aux conflits, » explique-t-elle.
Elle évoque plusieurs risques : banalisation de la violence, troubles anxieux, cauchemars, agressivité ou perte d’empathie.
« Le passage du statut de témoin à celui d’acteur est particulièrement préoccupant, » ajoute-t-elle.
Pour la spécialiste, la responsabilité incombe à toute la communauté. Elle appelle les parents, les leaders locaux et les autorités à protéger les enfants contre l’exposition à de telles scènes et à promouvoir des mécanismes légaux de résolution des conflits.
Au-delà du fait divers, cet épisode relance le débat sur les conséquences invisibles de la justice populaire, notamment sur les jeunes générations.
Robert Maendeleo, étudiant à l’ETJ


