L’Organisation des Nations-Unies a choisi la date du 6 janvier pour commémorer la Journée internationale des orphelins de guerre. Selon l’ONU, cette célébration vise à attirer l’attention des gens sur la situation des orphelins de guerre.
La Convention internationale des droits de l’enfant affirme que leurs droits doivent être respectés même en période de guerre. Pourtant, dès qu’il y a une guerre dans le monde, les enfants sont les premières victimes parce qu’ils sont plus fragiles et qu’il leur est plus difficile de se protéger. Certains sont gravement blessés et handicapés à vie, d’autres deviennent des enfants-soldats parfois par force, et d’autres encore perdent des membres de leur famille : c’est le cas des orphelins de guerre qui n’ont plus de parents.
Contexte congolais
En République démocratique du Congo, la situation des enfants tout comme des orphelins de guerre est dramatique. Le Mouvement de la société civile du Congo (MSCO) attire l’attention des autorités nationales et internationales sur cette situation des enfants victimes des conflits armés à l’Est du pays.
Orphelins oubliés des provinces en crise
Dans un message, le MSCO a rappelé que des milliers d’orphelins de guerre vivent dans des conditions précaires au Sud-Kivu, Nord-Kivu et Ituri, zones durement touchées par les violences armées en RDC.
Selon l’organisation : «beaucoup d’entre eux ont également été contraints de fuir vers les pays voisins, notamment le Burundi et la Tanzanie, où ils survivent dans des camps de réfugiés ou au sein de communautés d’accueil souvent démunies ».
Plaidoyer pour une prise en charge urgente
Joseph Musombwa, coordonnateur du MSCO lance un appel vibrant à cette occasion : « ces enfants, privés de leurs parents par la guerre, ne doivent pas être abandonnés à leur sort. Ils ont droit à une protection, à une éducation et à un avenir digne. Nous interpellons les autorités et les partenaires humanitaires à renforcer les mécanismes de prise en charge et de solidarité,» a-t-il souligné.
Une responsabilité collective
Cette organisation de la société civile indique que la Journée internationale des orphelins de guerre ne doit pas être une «simple commémoration symbolique » mais un moment de mobilisation pour des actions concrètes. Le MSCO appelle ainsi à la « mise en place de programmes éducatifs et psychosociaux adaptés; un soutien accru aux familles d’accueil et aux communautés locales ; une coopération régionale pour assurer la protection des enfants réfugiés ».
Le coordonnateur interprovincial du MSCO insiste sur la nécessité d’une solidarité durable, soulignant que les «orphelins de guerre sont témoins vivants des souffrances de nos peuples », les protéger, c’est investir dans la paix et dans l’avenir de la région.
Origine de la Journée
La Journée mondiale des orphelins de guerre est célébrée chaque année le 6 janvier. Elle trouve son origine dans l’initiative d’organisations humanitaires et de défense des droits de l’enfant souhaitant attirer l’attention internationale sur le sort des enfants ayant perdu un ou leurs deux parents à cause des conflits armés.
Contrairement à certaines grandes journées internationales, elle n’est pas officiellement reconnue par l’Organisation des Nations unies, mais elle bénéficie d’une reconnaissance symbolique forte dans de nombreux pays touchés par la guerre (RDC) ou engagés dans l’aide humanitaire.
Cette journée vise à rappeler une réalité souvent invisible : les conflits ne s’achèvent pas avec les cessez-le-feu. Leurs conséquences humaines, sociales et psychologiques s’inscrivent sur plusieurs générations, et les orphelins de guerre en sont l’une des expressions les plus durables.
Marcus Sharone BASHONGA


