Les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et les pasteurs de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) ont été reçus ce mercredi 14 janvier 2026 par le président angolais, João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine. Les échanges ont tourné autour de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, secouée par la persistance des violences.
Selon nos sources, cette rencontre organisée à Luanda à l’initiative du chef de l’État angolais, a permis d’évaluer la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo, où des combats impliquant l’AFC/M23 et les Forces armées congolaises (FARDC), avec des conséquences humanitaires graves.
Lourenço reprend pied dans le jeu diplomatique régional
Cinq jours après avoir appelé à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel dans l’Est de la RDC, le président angolais reprend pied dans le jeu diplomatique régional. Après avoir annoncé en mars 2025 son retrait du rôle de médiateur, Luanda revient aujourd’hui à l’offensive. Depuis le début de l’année 2026, João Lourenço a reçu à deux reprises son homologue congolais, Félix Tshisekedi. Des propositions liées à la situation sécuritaire dans l’Est du pays ont été soumises.
Parallèlement, le chef de l’État angolais a consulté d’autres acteurs, dont le camp de l’ancien président Joseph Kabila, et a adressé une invitation à l’AFC/M23.
Une diplomatie tous azimuts
La présidence angolaise a adressé une invitation formelle aux responsables des Églises catholique et protestante de la RDC. Selon nos informations, ils ont été reçus ce mercredi 14 janvier par le président João Lourenço. Dans la délégation, on retrouve, côté catholiques, Mgr Fulgence Muteba Mugalu, président de la CENCO, accompagné de Mgr Donatien Nshole, son secrétaire général. Côté protestants, étaient présents, André Bokundoa Bo-Likabe, président de l’ECC et Eric Nsenga, son secrétaire général et porte-parole.
Pacte social pour la paix
Ces responsables religieux sont les initiateurs d’une démarche de dialogue interne baptisée «Pacte social pour la paix en RDC et le bien-vivre ensemble dans la région des Grands lacs». Une initiative qui, selon eux, doit impliquer toutes les parties au conflit. Ce n’est pas une première. C’est la deuxième fois en moins d’un an que ces hommes d’Église sont reçus par João Lourenço. La précédente rencontre avait eu lieu en mars 2025, à leur initiative.
Toujours selon certaines sources, les autorités angolaises ont également pris contact avec l’opposant Moïse Katumbi, actuellement en exil. En revanche, les opposants basés à Kinshasa n’ont pas encore été approchés à ce stade. L’Angola, selon plusieurs sources, cherche d’abord à sonder l’ensemble des acteurs avant d’éventuellement proposer un cadre plus formel.
Une dynamique diplomatique intensifiée
Avant cette étape, un échange téléphonique a notamment eu lieu entre le premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar et le ministre anglais des Relations extérieures, portant sur la recherche d’une solution pacifique entre la RDC et le Rwanda. Doha a réaffirmé son attachement au règlement des conflits par le dialogue.
Ces discussions interviennent alors que les négociations sur les six protocoles destinés à compléter les deux premiers de l’accord-cadre entre Kinshasa et l’AFC/M23 demeurent visiblement au point mort.
Il sied de souligner que cette démarche s’inscrit dans un intense effort diplomatique angolais, quelques jours après deux visites du président congolais Félix Tshisekedi à Luanda les 4 et 8 janvier, visant à explorer des voies de paix complémentaires aux processus de Doha et de Washington, sans les remplacer, pour restaurer la stabilité régionale.
Rédaction


