La cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, s’est dite « profondément préoccupée » par les exécutions sommaires perpétrées dans le territoire de Rutshuru par les rebelles de l’AFC/M23/RDF, en dépit des appels internationaux à un cessez-le-feu. C’était lors de son intervention à la 60e session du Conseil des droits de l’homme, ce mardi 9 septembre à Genève.
Elle note que les affrontements se poursuivent malgré la résolution 2773 du Conseil de sécurité appelant à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. « Les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire atteignent un niveau qui sape les efforts de paix dans l’Est de la RDC, » a-t-elle déclaré.
Le dialogue d’Aru 2, soutenu par la MONUSCO en Ituri, peine à contenir la reprise des hostilités entre groupes armés, a-t-elle rappelé.
« Au cours des deux derniers mois, les Forces démocratiques alliées (ADF) ont multiplié des attaques contre les civils au Nord Kivu et en Ituri, causant la mort de 152 civils dont des femmes et des enfants sur la période de juillet et d’août. La situation humanitaire n’est guère meilleure. Plus de 8 millions de personnes déplacées peinent à recevoir l’assistance humanitaire à cause de l’insécurité et du manque de ressources. Et l’on déplore la perte d’au moins 13 travailleurs humanitaires depuis janvier 2025, » fait remarquer la cheffe de la MONUSCO.
Des abus persistants dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23
Bintou Keita dénonce aussi la multiplication des détentions arbitraires, les persécutions ciblées contre les journalistes, activistes et défenseurs des droits humains. La MONUSCO continue d’abriter des civils dans ses bases à Goma et de soutenir la protection des acteurs de la société civile.
Elle appelle à une mise en œuvre rigoureuse des engagements pris dans les processus de Washington et de Doha, et insiste sur la centralité des droits humains dans toute initiative de paix.
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