Fête du travail : Les jeunes de la ville de Bukavu décrient la détérioration des conditions de la vie et appellent l’Etat congolais à plus de responsabilité

Dans la ville de Bukavu comme dans la province du Sud-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo, les conditions de vie des habitants vont  de mal en pis. L’amélioration des conditions sociales est loin d’être certaine. Plusieurs jeunes soulignent que les difficultés qui pèsent sur  la plupart de ménages dans la ville dénotent que la vie des habitants est dégradante dans la capitale de la province du Sud-Kivu. Ils interpellent l’Etat congolais à matérialiser l’amélioration de la vie sociale à travers l’accès à l’emploi.

Mutuza Musenge Gustave, étudiant en deuxième  Licence en  gestion financière à l’UNIC-ISGA/Bukavu, qualifie de misérable la vie que mènent actuellement les habitants de Bukavu.

« Sur le plan social, la situation est très critique. Je suppose sur le 100% des habitants dans la ville seuls  10% serait dans les conditions de vie moyenne. La majorité des familles mangent une fois par jour et des aliments moins constructifs de leur santé (…) Vraiment, ça va mal », confie-t-il à un reporter de Jambordc.info.

Par-dessus tout, c’est le manque d’emplois qui vient s’ajouter à la pauvreté. C’est l’un des facteurs qui empêchent actuellement plusieurs jeunes de réaliser leurs rêves.

« C’est vraiment compliqué, la pauvreté bat record ! Bien que l’on ait terminé les études à l’université, il nous est difficile de trouver  de l’emploi aujourd’hui.  Plusieurs jeunes  ont  envie de se marier  officiellement  mais n’y parviennent pas faute de moyens, les parents eux-mêmes n’étant pas capables de prendre en charge leurs enfants après les sacrifices consentis pour les faire étudier  », déplore Brigitte Linda, Licenciée en économie et sans emploi depuis 2014.

Même son de cloche chez les parents qui, malgré de petites activités qu’ils initient, restent incapables de subvenir aux besoins de leurs familles dont la scolarisation des enfants.

« Les difficultés sont nombreuses  et surtout pour nous parents, l’éducation des enfants devient de plus en plus inaccessible à nos enfants. Beaucoup n’étudient plus parce qu’ils n’ont pas de moyen pour payer les études », regrette Marie Makungu, mère de 5 enfants exerçant de petits commerce dans un mini-restaurant de la ville de Bukavu.

Selon elle, quelle que soit l’initiative pour subvenir aux besoins primaires de la famille, c’est l’Etat qui étouffe  en premier ce projet à travers les impôts, la complicité caractérisée par l’impunité.

« A Bukavu, vous osez entreprendre une activité d’autoprise en charge pour la survie de la famille, ce sont  les services de l’Etat qui  vous bloquent en premier par la multiplicité des taxes. Vous pensez épargner dans une banque ou dans une institution de microcrédits,  ce sont les mêmes maisons qui s’en accaparent et l’Etat ferme l’œil. Et nous le regrettons (…) Cela aussi plonge autant de familles dans une misère », critique-t-elle.

Les jeunes rappellent  l’Etat congolais à jouer son rôle d’améliorer les conditions de vie des populations en favorisant l’accès aux services.

« Il faut que les dirigeants congolais se dépassent pour barrer la route à cette pauvreté. Le gouvernement doit ouvrir à tout le monde l’accès au travail puisque, à travers l’ouverture des services dans tous les secteurs publics que privés, plusieurs jeunes auront du travail. En plus, l’administration publique a vieillie. Les vieux doivent céder la place aux jeunes pour  assurer la continuité puisqu’ils doivent aller en retraite », a recommandé Brigitte Linda.

Pour rappel, mercredi 25 avril courant, une jeune femme s’est jetée dans la rivière Ruzizi puisque « incapable de supporter les difficultés de la vie »

Ishara Masirika

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