Le groupe armé antigouvernemental AFC/M23 a réagi aux attaques de drones qui ont visé la ville de Goma (Nord-Kivu) ce mercredi 11 mars. Dans une communication faite, son coordonnateur politique, Corneille Nangaa, a affirmé que ces frappes, attribuées aux Forces armées de la RDC (FARDC), visaient principalement les dirigeants du mouvement et de certaines figures de l’opposition vivant dans les zones sous leur contrôle.
Selon la coordination du mouvement, les attaques viseraient directement plusieurs responsables de l’AFC/M23, dont Corneille Nangaa lui-même, le chef militaire, le Général Sultani Makenga ainsi que les coordonnateurs adjoints Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki.
Les dirigeants de l’AFC/M23 accusent le gouvernement de Kinshasa de vouloir affaiblir la direction politique et militaire de son mouvement et d’éliminer ses principaux leaders.
« Il est indéniable que la plupart des attaques successives perpétrées par le régime Kinshasa ces derniers mois visant particulièrement les hautes personnalités politiques et militaires qui forment le leadership de l’Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), ainsi que toutes autres personnalités politiques vivant en territoire libéré,» écrit la coordination du mouvement.
Selon l’AFC/M23, l’objectif de Kinshasa est bien entendu « de décapiter, d’une part, la révolution et d’autre part, l’opposition politique au régime, d’affaiblir ses principaux piliers ».
Un bilan provisoire communiqué par le document fait état d’au moins trois morts après les attaques de drones sur Goma, dont une humanitaire française.
Une série de bombardements
Au-delà de cette attaque récente, l’AFC/M23, dénonce une série des bombardements qu’il attribue au pouvoir de Kinshasa et ses alliés : « Il y a exactement quatre jours, soit le samedi 7 mars, la cité de Mushaki dans le territoire de Masisi a subi le même type d’attaques aux drones, sur place des bombardements criminels ont tué des populations innocentes, » poursuit le document.
Le mouvement revient également sur les frappes du 2 janvier qui ont visé le centre de Masisi, avec un bilan lourd faisant état d’une centaine des morts et plusieurs dizaines de blessés.
Hormis ces attaques, l’AFC/M23 rappelle le bombardement survenus à Rubaya, la nuit du lundi 23 au mardi 24 février, touchant plusieurs habitations des civiles et causant la mort du Lieutenant-colonel Willy Ngoma.
Face à ces accusations, l’AFC/M23 affirme être déterminée à se défendre et à protéger les populations dans les zones qu’elle contrôle. Le mouvement estime que ces frappes risquent d’aggraver le conflit et prévient que toute escalade militaire sera, selon lui, de la responsabilité du gouvernement congolais.
Juvénal MUTAKATO


