Le Groupe d’experts des Nations-Unies sur la République démocratique du Congo estime que l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) a progressivement évolué d’une rébellion armée vers une structure politico-militaire dotée d’une administration parallèle dans les zones qu’elle contrôle dans l’Est du pays. Cette conclusion figure dans un rapport transmis le 30 juin au président du Conseil de sécurité de l’ONU.
Selon les experts, le mouvement compterait actuellement près de 30 000 combattants, parmi lesquels des membres historiques, des recrues mobilisées depuis 2021 ainsi que d’anciens éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Police nationale congolaise (PNC) et des combattants Wazalendo ayant rejoint ses rangs après l’occupation de Goma.
Le rapport affirme également que l’AFC/M23 continue de bénéficier du soutien de l’armée rwandaise. Les experts estiment qu’entre 14 000 et 18 000 soldats rwandais étaient déployés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu à la fin de l’année 2025, sans retrait significatif observé depuis.
Sur le plan administratif, le document indique que le mouvement a mis en place un système de gouvernance parallèle dans les territoires sous son contrôle. Il aurait notamment pris en charge la gestion locale de certains services publics, notamment la Société nationale d’électricité (SNEL) et de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), centralisé la perception des recettes et réorganisé ces zones en trois secteurs de défense.
Les experts estiment par ailleurs que les ambitions de l’AFC/M23 dépassent désormais les revendications sécuritaires initiales. Selon le rapport, le mouvement chercherait soit à renverser le gouvernement congolais, soit à créer une entité autonome dénommée « République fédérale du Congo », tout en obtenant une reconnaissance politique dans le cadre des processus de négociation en cours.
Le document évoque également des liens de plus en plus marqués entre l’AFC/M23 et l’ancien président Joseph Kabila, sans apporter de précisions supplémentaires dans les extraits rendus publics.
Ces conclusions interviennent alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les efforts diplomatiques engagés pour parvenir à une cessation durable des hostilités.
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