Les affrontements se sont accentués à dans plusieurs localités du Nord et Sud-Kivu entre les rebelles de l’AFC/M23 et les groupes armés pro-Kinshasa (Wazalendo), alors qu’un cessez-le-feu avait été signé à Doha le 19 juillet dernier. En cause, des négociations au point mort dans la capitale qatarie, qui retardent l’ensemble du processus de paix déjà amorcé.
Depuis la signature de l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda ainsi que de la déclaration de principes entre Kinshasa et l’AFC/M23 à Doha, les combats n’avaient jamais vraiment cessé à l’Est de la République démocratique du Congo. Les accrochages sont fréquents entre les rebelles de l’AFC/M23 et les miliciens Wazalendo, une mosaïque de groupes armés alliés à l’armée congolaise.
Depuis le 8 août, date officielle de la reprise des pourparlers de Doha, les combats ont redoublé d’intensité au Nord et Sud-Kivu. L’explication est à chercher dans la capitale qatarie, où les deux délégations ont brillé par leur absence face aux nombreux blocages autour de la mise en œuvre de la déclaration de principes. Kinshasa et la coalition rebelle devaient s’accorder sur un cessez-le-feu permanent, la libération de prisonniers de l’AFC/M23 par les autorités congolaises, ou la levée des condamnations à l’encontre des leaders de la rébellion.
Depuis la signature de document, rien n’a bougé; ni le cessez-le-feu, dont les Wazalendo ne sont pas signataires, ni la libération des prisonniers, qui prendra beaucoup plus de temps que prévu. Et comme souvent en cas de blocage dans les négociations, les armes ont recommencé.
Effet sur le terrain militaire
Sur les lignes de front, dès le 8 août des combats ont été signalés au Nord-Kivu dans le territoire de Walikale autour de Buhimba, entre une faction des Wazalendo et les troupes de l’AFC/M23. Même situation dans le Sud-Kivu, dans le territoire de Walungu, précisément dans les localités de Muzinzi, Kaniola, Ciruko et une partie de Mulamba, avait affirmé à la RFI, Didier Kabi, porte-parole du gouvernement provincial du Sud-Kivu, basé provisoirement à Uvira.
Selon les FARDC, les combattants Wazalendo se sont retirés dans ces zones pour éviter un bain de sang.
La méfiance grandit entre l’armée congolaise et l’AFC/M23.
Le gouvernement et la rébellion, qui avaient pourtant signé une déclaration de principes sous médiation qatarie le 19 juillet à Doha (Qatar), s’accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu et de provocations. Une impasse diplomatique qui met à l’épreuve les espoirs de paix dans l’Est du pays.
La déclaration de principe signée par Kinshasa et l’AFC/M23 prévoyait l’ouverture officielle des négociations le 8 août, en vue d’aboutir à un accord de paix global le 17 août. Cependant, cette étape n’a toujours pas débuté, laissant planer un blocage, où tractations politiques et tensions armées semblent s’opposer.
Sur le terrain, au Nord comme au Sud-Kivu, les affrontements sporadiques et les mouvements de troupes de l’AFC/M23 se poursuivent, alimentant un climat de méfiance. Chaque camp accuse l’autre de violer les engagements pris à Doha et de compromettre la mise en œuvre du cessez-le-feu.
Dans un communiqué publié mardi 12 août , les FARDC accusent l’AFC/M23 de multiplier les attaques contre leurs positions dans les deux provinces, qualifiant cette attitude de belliciste.
L’armée affirme que ces offensives quasi quotidiennes s’accompagnent de massacres ciblés de civils, notamment au Nord-Kivu. Elle dit même se réserver le droit de répondre à ces « provocations et violations répétées des accords ».
De son coté, la rébellion utilise la même stratégie communicationnelle. Dans un communiqué publié lundi, l’AFC/M23 a indiqué que »le régime de Kinshasa poursuit ses manœuvres militaires offensives en vue d’un conflit à grande échelle, en dépit de sa signature de la déclaration de principe, ».
L’impasse à Doha, bloque tout
Cette situation inquiète les populations civiles. Celles-ci continuent, malgré tout, à placer leurs espoirs dans les processus de Washington et Doha pour ramener la paix dans l’Est du pays.
L’impasse à Doha tarde l’ensemble du processus de paix globale et la mise en œuvre de l’accord de Washington. Un blocage qui fait craindre un nouvel embrassement de l’Est de la RDC.
Juvénal MUTAKATO


