Des réactions viennent de partout à l’international à la suite des attaques des drones visant la ville de Goma (Nord-Kivu). Au-delà des dégâts matériels, ces incidents survenus autour de 4h de ce mercredi 11 mars, ont touché les humanitaires, provoquant notamment la mort d’une française travaillant au compte de l’agence onusienne chargée de la protection des enfants UNICEF.
Maxime Prévôt, vice-premier ministre, et ministre des Affaires étrangères belge, tout en condamnant ces incidents, a rappelé que ce type d’attaques se multiplies. en violation du cessez-le-feu par toutes les parties au conflit.
« L’attaque de drone à Goma ce matin a coûté la vie à une humanitaire et à plusieurs civils. Ce n’est malheureusement pas un incident isolé, on constate la multiplication de ce type d’attaques, en violation du cessez-le-feu, menées par toutes les parties ces derniers temps. Je condamne fermement ces violences aveugles, sans exception,» , a-t-il réagi sur X.
Pour le chef de la diplomatie belge, il est temps de déposer les armes et de faire avancer le dialogue entre les parties : « Les armes doivent se taire. Place à la négociation. La protection des humanitaires qui dédient leur vie aux plus vulnérables est un impératif absolu.Mes sincères condoléances aux familles des victimes,» a-t-il ajouté.
Goma, une ville sous une tension militaire
La ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu de actuellement sous contrôle de l’AFC/M23, a été la cible de frappes de drones attribuées aux Forces armées de la République démocratique du Congo. C’est ce qu’ont révélé tôt ce mercredi 11 mars 2026 les dirigeants de ce mouvement rebelle, qui contrôle également de vastes pans des provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés. Son porte-parole a promis de fournir de plus amples informations dans les heures qui suivent.
De son côté, le président français Emmanuel Macron, qui a également réagi à cette attaque, appelle au respect du droit humanitaire et des personnels sur place qui s’engagent pour sauver des vies.
Selon l’AFC/M23, cette attaque a fait trois morts. Mais, des recherches étaient encore en cours, selon toujours le mouvement qui a annoncé une communication prochainement.
Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations-unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque visant la ville de Goma relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’Est de la RDC.
Le président français Emmanuel Macron, appelle lui, au respect des personnels sur place qui s’engagent à sauver des vies : « Une humanitaire française de l’UNICEF a été tuée à Goma. J’appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s’engagent pour sauver des vies,» a écrit le chef de l’État français sur X.
Des inquiétudes face aux violations répétées du cessez-le-feu
Bien avant ces incidents qui touchent désormais la ville de Goma, dans une déclaration conjointe rendue publique jeudi 5 mars, la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique ont exprimé leur profonde inquiétude face aux violations récentes et continues des cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Ces cessez-le-feu avaient été garantis par la signature des accords de Washington le 4 décembre 2025 et par l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités.
Selon ces États, ces violations incluent notamment l’utilisation de drones lors d’attaques militaires, mettant gravement en danger les populations civiles. Toutes les parties concernées doivent, selon eux, s’engager de toute urgence et sans ambiguïté à cesser les hostilités et à reprendre les négociations. Ils estiment par ailleurs qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.
Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Pour l’instant, pas de réaction de Kinshasa
L’attaque n’as pas encore été revendiquée par l’armée congolaise, mais les autorités de l’AFC/M23 ont changé Kinshasa dans leur déclaration. Pour ce groupe armé antigouvernemental, le pouvoir de Kinshasa continue à violer ses engagements pris dans le cadre des efforts régionaux et internationaux visant à mettre fin au conflit.
Juvénal MUTAKATO


