L’ancien vice-président, Azarias Ruberwa a dénoncé vendredi 20 février, ce qu’il qualifie de « dégradation dramatique » de la situation sécuritaire et humanitaire à Minembwe dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu).
Déplorant une situation jugée «alarmante», Azarias Ruberwa accuse les parties en conflit de ne pas respecter le cessez-le-feu annoncé sous médiation angolaise et soutenu par les États-Unis. Dans sa déclaration, il affirme que les combats se poursuivent et les civils en paient le prix fort.
Sort des Banyamulenge vivant à Minembwe
Selon Azarias Ruberwa, ces populations sont la cible d’attaques répétées, notamment de bombardements par drones au cours des dernières semaines. Il évoque des scènes insoutenables : «un nourrisson d’un an retrouvé sans vie dans une maison détruite, une femme centenaire » battue à bout portant.
« La population est cruellement pourchassée,» insiste-t-il, décrivant des frappes menées au cœur même des zones habitées, combinées à l’usage d’armes lourdes.
Au-delà des violences directes, il dénonce aussi une stratégie d’asphyxie : des communautés privées d’accès à la nourriture, contraintes de fuir leurs terres pour survivre. « L’utilisation de la faim comme arme de guerre,» serait, selon lui, délibérée.
Sur le terrain, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la coalition AFC/M23 et ses alliés, s’accusent mutuellement de violer les cessez-le-feu successifs négocies sous médiation angolaise, qatarie ou américaine.
Dans cette bataille de versions, les habitants de Minembwe, de Fizi, d’Uvira ou encore des territoires touchés par ce conflit se retrouvent au milieu, exposés aux représailles, aux déplacements forcés et à l’incertitude permanente.
Azarias Ruberwa exige l’ouverture immédiate d’une enquête internationale indépendante, face au caractère ciblé des violences. Pour lui, l’objectif est d’établir les responsabilités et les qualités juridiques des crimes en cours dans cette partie de la RDC.
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