Le gouvernement de la République démocratique du Congo a réagi, vendredi 13 mars 2026, au rapport publié par l’ONG Human Rights Watch évoquant des cas présumés de disparitions forcées à Kinshasa impliquant certains services de sécurité, notamment le Conseil national de Cyberdéfense.
Dans ce communiqué officiel du ministère de la Communication et Médias, les autorités congolaises appellent à une lecture « rigoureuse » et juridiquement fondée des faits présentés dans ce rapport.
Selon le document signé à Kinshasa, la qualification de disparition forcée en droit international suppose la réunion de plusieurs éléments constitutifs, notamment l’arrestation ou la détention d’une personne par des agents de l’État suivie d’un refus de reconnaître cette privation de liberté ou de révéler le sort réservé à la personne concernée.
Le gouvernement affirme cependant que les informations en sa possession montrent que plusieurs personnes mentionnées dans le rapport ont été identifiées. Certaines auraient été libérées tandis que d’autres ont été présentées devant les juridictions compétentes conformément aux procédures prévues par la législation nationale.
Les autorités indiquent également que des visites ont été autorisées pour les familles ainsi que pour des représentants de Human Rights Watch. Dans ces conditions, Kinshasa estime que les circonstances évoquées dans le rapport nécessitent « une appréciation juridique prudente » quant à la qualification retenue de disparition forcée.
Le gouvernement souligne par ailleurs que les actions menées par les services compétents s’inscrivent dans le cadre d’enquêtes légalement ouvertes et conduites conformément aux lois de la République, dans un contexte sécuritaire jugé particulièrement sensible.
Les autorités congolaises rappellent que le pays fait face à une « agression continue » menée contre son territoire, citant notamment le Rwanda et les groupes armés affiliés à l’AFC/M23 ainsi que diverses tentatives de déstabilisation visant les institutions de la République, y compris à travers des moyens numériques.
Dans ce contexte, les opérations conduites par les services de sécurité visent, selon le communiqué, à préserver l’ordre public, protéger les populations et garantir la sécurité nationale, tout en respectant le droit national et les engagements internationaux de la RDC en matière de droits humains.
Le gouvernement rejette en conséquence les allégations selon lesquelles les arrestations ou détentions opérées par les forces de sécurité seraient motivées par des considérations politiques ou arbitraires.
Tout en réaffirmant son attachement à l’État de droit, Kinshasa assure que toute allégation crédible de violation des droits humains relève de la compétence des autorités judiciaires.
Le gouvernement se dit également disposé à poursuivre un dialogue constructif avec les partenaires internationaux et les organisations de défense des droits humains, dans le respect de la souveraineté et des institutions de la République démocratique du Congo.
Pacifique Mulemangabo


