Crise à l’Est de la RDC: le décès de Willy Ngoma illustre l’intensification de la violence malgré le cessez-le-feu annoncé par l’Angola

Le porte-parole militaire de l’AFC/M23, Willy Ngoma est décédé ce mardi 24 février près de la mine de Rubaya dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu). Cette information est confirmée par plusieurs sources nationales et internationales, évoquant un décès tragique survenu lors des frappes de drones sur Rubaya de l’armée congolaise depuis 2 heures du matin.

Si ce décès tragique tarde a être confirmé officiellement par les canaux officiels du mouvement rebelle, le département de communication de l’AFC/M23 parle par ailleurs des « attaques sauvages et délibérées» contre des zones « densément peuplées » de Kitendebwa, Kashihe et Kiduveri dans le territoire de Kalehe depuis 7h00.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

À en croire le chef du département de communication de l’AFC/M2, « le régime de Kinshasa a, une fois de plus, foulé aux pieds le cessez-le-feu», en violation flagrante ajoute-t-il, de ses engagements, « il a décidé une guerre totale sur l’ensemble des lignes de front et au-delà, » a écrit ce mardi sur X, Lawrence Kanyuka.

Ces attaques criminels, toujours en cours, a-t-il souligné, « témoignent sans équivoque de la volonté du régime de Kinshasa de semer la terreur, le chaos et la mort au sein des populations civiles,».

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« L’AFC/M23 prend à témoin le peuple congolais,» indique-t-il.

Willy Ngoma tué à Rubaya

Alors que les combats font rage depuis plusieurs jours autour de la cité minière de Rubaya, des sources jointes par Jeune Afrique, confirment la mort de Willy Ngoma, porte-parole militaire du mouvement rebelle.

« Il est décédé dans une frappe de drone dans les territoires de Masisi,» écrit ce média citant un haut-cadre de l’AFC/M23.

L’une des figures les plus médiatiques et parmi les acteurs les plus influents dans le conflit armé dans l’Est de la RDC durant la décennie qui vient de s’écouler, Willy Ngoma est mort dans des circonstances confuses.

Un décès attribué au bombardement par drones des FARDC

Sans donner de détails, dans une autre publication ce même mardi, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka a dénoncé un bombardement présumé par de drones des forces « coalisées de Kinshasa » sur la cité minière de Rubaya dans le territoire de Masisi.

Cette accusation de plus, intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de Rubaya, zone stratégique pour l’extraction de coltan, contrôlée par l’AFC/M23.

Parallèlement, la situation reste volatile dans d’autres localités de l’Est de la RDC, notamment à Minembwe, dans les hauts plateaux de Fizi, province du Sud-Kivu où les FARDC appuyées par les Wazalendo et des contingents burundais ont resserré ces dernières semaines leur étau sur des positions tenues par Twirwaneho, avec des affrontements et des frappes de drones signalés mi-février, entraînant des déplacements massifs de populations.

Des accusations rejetées par Kinshasa, responsabilisant cette escapade de la violence à l’AFC/M23.

Soulignons que sans réel impact attendu sur les capacités opérationnelles ou l’organisation de la rébellion, la disparition de Willy Ngoma illustre l’intensité des affrontements entre, d’une part, l’AFC/M23 et, ses alliés d’autre part, les forces armées congolaises (FARDC) assistées des milices Wazalendo malgré la proposition d’un cessez-le-feu par l’Angola, médiateur de la crise.

Rédaction 

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