Bunyakiri : MSF craint une rupture d’approvisionnement en médicaments un mois après l’arrêt du trafic sur la RN3

Le trafic entre la ville de Bukavu et Bunyakiri dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu) sur la route nationale numéro 3 (RN3) est toujours coupé depuis maintenant près d’un mois. Selon nos sources dans la zone, cette interruption est consécutive aux affrontements intervenus entre les 17 et 18 novembre entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) soutenus par les combattants Wazalendo et les éléments de la rébellion AFC/M23.

Près d’un mois après, la vie devient difficile pour les habitants. Produits pharmaceutiques, produits de première nécessité et autres en provenance de Bukavu sont devenus rares sur le marché local. Ceux qui ont encore quelques produits ont haussé les prix, témoigne un habitant.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

MSF s’en inquiète 

Selon l’organisation Médecins sans frontières (MSF) qui œuvre dans la zone de santé de Bunyakiri, la semaine dernière, dans le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), sur la RN3, des affrontements d’une intensité importante ont eu lieu entre les deux belligérants, aggravant la situation.

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MSF note que dans la localité de Bitale (chefferie de Buloho), à la sortie du PNKB, 1500 personnes ont fui vers Bunyakiri. Pour assurer la sécurité des employés, MSF a évacué une partie des équipes de la ville.

« En raison de la fermeture de la route nationale 3, MSF ne peut plus emprunter cette voie pour acheminer les fournitures médicales à Bunyakiri,» lit-on dans une publication rendue publique par cette organisation ce vendredi 12 décembre.

Avec cette situation, Issa Moussa, chef de programme au Sud-Kivu s’en inquiète : « Nous risquons une rupture d’approvisionnement en médicaments, surtout ceux liés aux activités du bloc opératoire,» dit-il.

Une atteinte à la liberté de circulation 

Les habitants de Bunyakiri dénoncent une violation à leur liberté, notamment de circulation, conformément à la Déclaration des droits de l’homme : « la fermeture du trafic sur cette route est une violation des droits humains. Pourquoi priver tout un peuple de se déplacer dans son pays ? Nous sommes plus que confinés, on ne peut plus s’approvisionner à Bukavu depuis maintenant un mois,» confie un habitant de Bitale.

Celui-ci plaide pour la réouverture urgente de cette route, seule voie d’accès dans la zone : « Que les autorités aient pitié de nous. Comment les habitants de Bunyakiri vont-ils fêter la fin d’année dans ces conditions ? » s’interroge-t-il.

Il faut dire que plusieurs démarches sont entreprises pour tenter la réouverture de cette route. MSF, lui dit avoir amorcé des négociations avec les groupes armés dans la zone pour pouvoir emprunter une autre route vers Bunyakiri.

Juvénal MUTAKATO 

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