La coordinatrice nationale du Réseau des femmes pour la défense des droits et la paix (RFDP), Venantie Bisimwa Nabintu, est décédée dans un tragique accident de circulation survenu dans la nuit du mercredi au jeudi 21 mai, sur l’axe Masaka-Mbarara, en Ouganda.
Selon plusieurs sources concordantes, l’accident s’est produit vers 3h45 du matin à Katuba village, près de Mbirizi Town, dans le district de Lwengo. Un bus assurant la liaison Kampala-Goma-Bukavu est entré en collision avec une remorque roulant en sens inverse sur la route Masaka-Mbarara.
Le média ougandais rapporte que deux femmes ont perdu la vie et treize autres passagers ont été blessés. Plusieurs voyageurs à bord du bus se rendaient en République démocratique du Congo, notamment à Goma et Bukavu, tandis que d’autres étaient en route vers le Rwanda.
Le porte-parole de la police régionale du sud de l’Ouganda, Twaha Kasirye, a confirmé que les victimes décédées étaient des femmes voyageant à bord du bus accidenté. Les blessés ont été transférés dans différents centres de santé pour recevoir des soins.
Dans un communiqué publié après le drame, la diaspora congolaise vivant en Ouganda a exprimé sa profonde tristesse face à cette tragédie. Elle a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa compassion envers les blessés et les proches des victimes.
La disparition de Venantie Bisimwa provoque une vive émotion à Bukavu ainsi que dans les milieux de défense des droits humains dans la province du Sud-Kivu.
Militante engagée pour les droits des femmes et la paix, elle laisse derrière elle un important héritage dans le mouvement associatif féminin congolais.
Née à Bukavu en 1956, Venantie Bisimwa était issue d’une famille chrétienne et instruite.
Elle avait effectué ses études primaires à l’école des filles de Kadutu avant d’obtenir un diplôme d’État en Biologie-Chimie au collège Alfajiri. Après plusieurs années de service aux presses universitaires du Zaïre à Kinshasa, elle avait également travaillé dans un projet financé par la Banque mondiale en Ituri avant de retourner à Bukavu au début des années 1990, dans un contexte marqué par l’ouverture démocratique du pays.
Face au manque de représentation des femmes dans les espaces de décision, elle s’était engagée dans la sensibilisation des femmes sur leurs droits et leur participation citoyenne.
Elle avait ensuite fondé l’Association des femmes cadres pour l’épanouissement intégral de la femme (AFECEF), considérée comme l’un des premiers mouvements féministes organisés au Sud-Kivu.
À travers cette structure, Venantie Bisimwa a consacré une grande partie de sa vie à la formation, à la sensibilisation et à l’accompagnement des femmes dans la lutte contre les discriminations et les violences basées sur le genre. Parmi les moments marquants de son engagement figure la célébration de la Journée internationale des droits des femmes en 1993, qui avait mobilisé de nombreuses femmes dans les rues de Bukavu à travers des conférences, des campagnes de sensibilisation et plusieurs activités publiques.
Le décès de cette figure emblématique du mouvement féminin congolais laisse un grand vide au sein des organisations œuvrant pour les droits humains, la paix et le développement communautaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Merci Byamungu


