À moins d’une semaine de la célébration de la fête de Noël et de deux semaines de la fête du nouvel an, plusieurs ménages éprouvent des difficultés pour subvenir aux besoins de leurs familles dans la ville de Bukavu (Sud-Kivu). Jeunes et parents ont exprimé ce vendredi 19 décembre à notre micro, leurs inquiétudes face aux difficultés financières qui les empêchent de répondre aux attentes de leurs enfants.
Traditionnellement synonyme de partage en famille, de cadeaux et de moments de joie, les fêtes de Noël cette année et de bonne année 2026 s’annoncent compliquées pour de nombreux ménages.
Préparatifs sous le poids écrasant
Dans la ville de Bukavu et ses environs, les préparatifs se déroulent cette année sous le poids écrasant de la crise sécuritaire, économique et humanitaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Augustin Batandi Mulumeorhwa qui s’est confié à nous indique que la majorité des parents ne disposent pas de moyens suffisants pour offrir des cadeaux ou même de nouveaux vêtements à leurs enfants, en raison du manque d’activités et/ou du travail, conséquence directe de la guerre à l’Est du pays.
« C’est un cauchemar pour tous les parents du Sud-Kivu. Nous avons tant de difficultés quant à ce. La période de la guerre que nous venons de connaître il y a dix mois, cela ne facilite pas aux parents de préparer la fête du nouvel an, » s’inquiète Augustin Batandi Mulumeorhwa.
Il souligne que bon nombre de parents ont du mal à scolariser leurs enfants: « comment aujourd’hui les parents vont organiser les fêtes, ils vont tirer l’argent où ? Il n’y a plus de travail, tout est compliqué, tout est devenu difficile surtout pour les parents d’ici à l’Est ».
Fêtes en un acte de résilience
Le conflit armé qui sévit dans la région frappe durement le quotidien des jeunes et transforme la fête en un acte de résilience. Innocent Majaliwa, vice- président du Conseil urbain de la jeunesse parle d’une situation alarmante du côté de la jeunesse.
Celui-ci explique que plusieurs activités des jeunes entrepreneurs ont arrêté suite à la guerre. Il est difficile selon lui, que les jeunes puissent fêter Noël et bonne année dans ces conditions.
« L’année 2025 pointe à son horizon, mais jusque-là, la ville est toujours sous occupation de l’AFC/M23. Cela fait plus de dix mois que les banques restent fermées. Certains jeunes entrepreneurs n’ont pas accès à leur moyen financier, d’autres sont tombés en faillite vis-à-vis du contexte mais également plus de 70 à 80% de jeunes sont dans le chômage, comment est-ce que nous allons préparer les fêtes de fin d’année alors que nous n’avons pas assez de moyen financier? nous n’avons pas de possibilité pour garantir notre survie. Mais comme la résilience nous l’oblige, on tient cas même le coût, » martèle Innocent Majaliwa.
En rappel, la fête de Noël, célébrée chaque 25 décembre par les chrétiens du monde entier, commémore la naissance de Jésus-Christ. À Bukavu, malgré les contraintes économiques et sécuritaires, de nombreuses familles s’efforcent de préserver l’essentiel : le partage, la solidarité et l’unité familiale.
Juvénal MUTAKATO


